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La cigarette électronique pourrait aider les fumeurs à se sevrer

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La e-cigarette est-elle efficace en tant qu'outil de sevrage tabagique? La question se pose toujours mais selon des chercheurs américains, elle s'avère utile dans ce domaine avec une condition qui fait toute la différence: la fréquence d'utilisation.

Aujourd’hui, les connaissances scientifiques ne permettent pas d’établir formellement la dangerosité de la cigarette électronique. Cependant, l’utilisation simultanée de la cigarette électronique et de la cigarette classique, bien qu’augmentant la quantité globale de nicotine absorbée, peut s’intégrer dans une logique d’arrêt du tabac.

S'il n'y a pas non plus de preuves scientifiques solides de son utilité dans ce domaine, une étude menée par des chercheurs de la Georgetown University Medical Center, aux Etats-Unis, affirme que la cigarette électronique peut bel et bien s'avérer utile pour le sevrage tabagique, mais à condition de respecter un paramètre bien précis qui participe à ce succès. Leur étude a consisté à examiner une enquête nationale menée auprès de 24.500 fumeurs et anciens fumeurs et à s'intéresser au lien entre l'utilisation de e-cigarettes et l'arrêt du tabac.

Au vu de ces données, les scientifiques affirment qu'un élément important influe sur le succès d'une personne dans l'abandon de la cigarette. "La tentative d'arrêt et le succès de cet arrêt sont directement liés au nombre de jours d'utilisation de cigarettes électroniques", estime le professeur David Levy, principal auteur de l'étude. "Les chances de réussite de sevrage tabagique augmentent de 10% pour chaque jour supplémentaire d'utilisation de la cigarette électronique".

Un outil à disposition des médecins?

Plus précisément, les données ont montré que parmi les fumeurs ayant effectué au moins une tentative pour arrêter de fumer, les chances de succès étaient plus élevées chez ceux qui utilisaient la e-cigarette pendant au moins cinq jours dans le mois écoulé.

"Ces résultats favorisent l'utilisation des cigarettes électroniques comme aide efficace pour l'arrêt du tabagisme. Les cigarettes électroniques étant généralement considérées comme ne faisant courir qu'un risque très inférieur de mortalité par rapport aux cigarettes ordinaires, elles représentent une intervention que les médecins peuvent recommander lorsque d'autres formes de traitement échouent", conclut David Levy.

Ces conclusions vont dans le sens d'une récente étude de l'agence nationale Santé Publique France qui comparait les fumeurs qui vapotaient régulièrement aux fumeurs de tabac exclusifs. Après six mois de suivi, les résultats ont montré que les vapo-fumeurs étaient plus nombreux que les fumeurs de tabac exclusifs à avoir réduit de moitié ou plus leur consommation quotidienne de cigarettes, mais aussi à avoir tenté d’arrêter de fumer au moins 7 jours au cours du mois (23% versus 11%).

Dans le même sens que les recommandations nationales

Ses recommandations concernant la place de la e-cigarette dans le sevrage tabagique restent donc d’actualité: "La e-cigarette peut constituer une aide pour arrêter ou réduire sa consommation de tabac." Cependant, Santé Publique France précise que l'objectif doit rester l’arrêt complet du tabac car "même quand on fume peu, les risques pour la santé sont importants."

En usage exclusif, la e-cigarette est considérée comme moins dangereuse car le vapoteur n’inhale pas de substances toxiques, ce qui réduit les risques de graves pathologies. "Les e-liquides sont donc moins nocifs que le tabac même si d’autres risques seront peut-être identifiés dans les années à venir", conclut ainsi l'agence. Mais la question se pose aussi quant à son rôle inverse de "porte d'entrée" dans le tabagisme, notamment pour les jeunes. Ici non plus, aucune étude scientifique ne permet d’avoir un avis tranché sur le sujet.

Alexandra Bresson