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L'Académie de médecine déconseille le confinement obligatoire des personnes fragiles après le 11 mai

Image d'illustration - Deux personnes regardant dehors depuis leur fenêtre

Image d'illustration - Deux personnes regardant dehors depuis leur fenêtre - Tiziana FABI / AFP

"La tentation simplificatrice consistant à gérer cet épisode par tranches d'âge et à imposer aux personnes âgées, au nom de leur propre protection, de rester confinées n'est pas satisfaisante", déplore l'Académie de médecine.

Faut-il obliger les personnes fragiles à rester chez elles après le 11 mai? C'est l'une des pistes envisagées par l'exécutif pour sortir du confinement imposé par le coronavirus. Mais ce jeudi, l’Académie de médecine a fait savoir qu'elle s'opposait à cette obligation, qu'elle juge stigmatisante. 

Une "tentation simplificatrice" "pas satisfaisante"

Dans un communiqué diffusé en début de soirée ce jeudi, l'Académie nationale rappelle que les mesures de confinement sont "des souffrances morales induites" qui "ne doivent pas être sous-estimées". En conséquence de quoi, elle estime qu'il ne faut pas davantage stigmatiser les personnes que l’on dit fragiles et plaide pour une simple recommandation de rester chez soi et non une réglementation contraignante, afin de ne pas faire de ces personnes des "citoyens de second rang."

"La tentation simplificatrice consistant à gérer cet épisode par tranches d'âge et à imposer aux personnes âgées, au nom de leur propre protection, de rester confinées, n'est pas satisfaisante", martèle-telle.

Elle propose de suivre les trois impératifs suivant:

  • "Inciter la population générale à la solidarité intergénérationnelle", en respectant les gestes barrières et en s'équipant d'un masque à chaque sortie,
  • "Considérer toutes les personnes présentant une fragilité de quelque nature que ce soit (âge, handicap, maladies chroniques) comme des personnes responsables et utiles à la société",
  • "Respecter dans tous les cas la décision du patient".

15 jours pour trouver un plan de déconfinement

Dans son allocution télévisée lundi soir, Emmanuel Macron a évoqué la possibilité que les personnes fragiles, parmi lesquelles les plus âgées, demeurent confinées après le 11 mai. 

Au sortir du Conseil des ministres ce mercredi, le ministre des Solidarités et de la Santé Olivier Véran a rappelé que le chef de l'Etat avait donné 15 jours au gouvernement pour esquisser un plan de déconfinement et qu'aucune décision n'avait été prise à l'heure actuelle. 

Esther Paolini