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Immunité, expérience: pourquoi le Grand Est résiste mieux à la seconde vague de Covid-19

Lors de la première vague au printemps dernier, le Grand Est et ses hôpitaux avaient payé un très lourd tribut au Covid-19. La situation est bien meilleure à l’occasion de la seconde vague. Médecins et scientifiques nous expliquent ce contraste ce mardi.  

C’était l’une des régions les plus durement éprouvées par le coronavirus au printemps, et ses services hospitaliers avaient connu une longue et terrible saturation. Pourtant, le Grand Est, qui regroupe la Champagne-Ardenne, la Lorraine et l’Alsace, semble cette fois mieux lotie, au moment où la seconde vague de coronavirus commence dans l’Hexagone. Les médecins et scientifiques interrogés par notre antenne dans un reportage ce mardi fournissent leurs explications afin d’éclairer ce constat.  

Un taux d’incidence plus modeste qu’ailleurs  

Selon les chiffres de l’agence Santé publique France, le taux d’incidence dans le Grand Est, en d’autres termes le nombre de cas positifs sur 100.000 habitants, s’élève à 87,2. A titre de comparaison, il est de 279,9 en Île-de-France, et de 413 à Paris. Par ailleurs, le taux de positivité des dépistages est de 4,1% dans le Grand Est, tandis que son homologue francilien est de 17%. A l'échelle nationale, ce taux frôlait lundi soir les 12%.

Pour les spécialistes intervenus devant nos caméras, plusieurs pistes s’offrent à nous au moment de tirer au clair cette différence entre la situation du printemps et celle de l’automne. Lionel Barrand, président du syndicat des jeunes biologistes médicaux, suppose d’abord:  

"Est-ce qu’on respecte mieux les gestes barrières parce qu’on a été plus touché durant la première vague? Peut-être. Est-ce qu’on a un meilleur système de testing, c’est-à-dire qu’on arrive à avoir des résultats de PCR plus rapidement et donc à isoler les personnes plus rapidement qu’ailleurs ? C’est possible également."  

Sur la piste de l’immunité collective 

Pour d’autres, c’est l’intense circulation du Covid-19 il y a quelques mois qui explique une meilleure résistance des organismes dans la région. Ainsi, Patrick Vogt, médecin généraliste, déclare à BFMTV:

"Sans doute y a-t-il des petits phénomènes d’immunité partielle." "Il y a vraisemblablement une différence d’immunité quand même entre les résidents alsaciens et ceux des autres régions", avance-t-il.  

Frédéric Tryniszewski, président de SOS Médecins dans le Haut-Rhin, met cependant en garde:

"Le signe qu’il y a des contaminations chez les jeunes fait qu’il y a un risque de transmission à de plus âgés et qu’il y aura dans quelques semaines un risque d’augmentation du nombre de personnes en situation grave de façon importante." 

Dans le bulletin diffusé par Santé Publique France pour le Grand Est vendredi dernier, il apparaît ainsi que 69,2% des cas positifs recensés lors de la dernière semaine de septembre avaient moins de 50 ans, et 39% étaient âgés de 20 à 39 ans.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV