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"Il faut arrêter de parler de déconfinement": l'avertissement du chef des urgences du CHU de Lille

Une voiture de pompiers devant les urgences

Une voiture de pompiers devant les urgences - LOIC VENANCE / AFP

Invité sur BFM Lille et Grand Littoral, Patrick Goldstein a rappelé que l'épidémie de coronavirus est loin d'être terminée. Il a également souligné la nécessité de maintenir le confinement.

"Le seul médicament efficace, c'est le confinement". Patrick Goldstein, le patron des urgences du CHU de Lille a appelé ce mercredi matin au micro de BFM Lille et Grand Littoral à ne surtout pas relâcher le confinement, seul moyen efficace de lutter contre l'épidémie de coronavirus. 

"Je ne suis pas optimiste, ni pessimiste, je suis rationnel et pragmatique. Aujourd'hui nous avons quelque chose de difficile à comprendre: une diminution de l'augmentation des patients qui entrent en réanimation. Ça veut dire qu'il y a toujours des patients qui entrent en réanimation et ce sont des patients dans un état grave, très grave", a indiqué le médecin. 

Dans la région des Hauts-de-France, 583 patients étaient pris en charge dans un service de réanimation lundi soir, selon le dernier décompte de l'Agence régionale de santé. Au total, 2336 personnes porteuses du coronavirus sont actuellement hospitalisées et le nombre total de morts enregistrés dans les établissements hospitaliers de la région s'élève à 635.

Pas de traitement

Selon Patrick Goldstein, "il faut arrêter de parler de déconfinement" à quelques jours du week-end de Pâques alors que le beau temps revient. 

"Qu'il y ait des projections me semble logique, mais aujourd'hui on parle de confinement", a-t-il ajouté, rappelant que le covid-19 est "une maladie grave", sans traitement existant. "Nous traitons les causes de la maladie, mais pas la maladie", précise-t-il.

Appelant à regarder "la réalité sanitaire en face", le chef des urgences de Lille, qui se dit "très fier" de tous ceux qui travaillent à l'hôpital, prévient que le retour à la normale ne se fera pas avant plusieurs mois. "Le jour ou le gouvernement dira 'déconfinement'. c'est très clair, ce sera un déconfinement progressif, certaine région par région. il faudra le respecter à la lettre, sans quoi nous aurons une deuxième vague". 

Benjamin Rieth