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Fécondation in vitro: l'âge du père joue aussi un rôle

Echographie d'une femme enceinte. (Illustration)

Echographie d'une femme enceinte. (Illustration) - AFP

On sait depuis longtemps que l'âge de la mère est à prendre en compte pour le succès d'une fécondation in vitro (FIV). Celui du père aussi, affirment des chercheurs américains.

A quoi tiennent les chances de succès d'une fécondation in vitro? A l'heure où les débats sur l'extension de la PMA pour les femmes en couple ou célibataires et sur la congélation des ovocytes battent leur plein, des chercheurs de l'université de Boston ajoutent leur pierre à la problématique, affirmant que si l'âge de la mère est un facteur déterminant, celui du père l'est aussi, mais dans une moindre mesure.

Pour en venir à ces conclusions alors que la fertilité masculine est réputée comme n'ayant pas de limite d'âge théorique, les chercheurs de l'Université de Boston aux Etats-Unis se sont penchés spécifiquement sur cette question. Résultat: ils ont établi que la fertilité masculine s'amenuisait avec le temps et que l'âge du père jouait à hauteur de 20% dans les chances de concevoir un enfant par FIV.

Presque 8.000 couples étudiés

Pas moins de 19.000 tentatives de FIV réalisées entre 2000 et 2014 par 7.753 couples ont été passées au crible par les scientifiques. Chaque partenaire a été classé par tranche d'âge: moins de 30 ans, 30 à 35, 35 à 40 et 40 à 42. La corrélation a été établie entre les fécondations réussies et l'âge du père, dans la limite de six tentatives au maximum.

Si l'avancée en âge de la mère supplante celui du père au delà de 40 ans, l'âge du géniteur reste important pour les femmes plus jeunes. Une femme entre 30 et 35 ans aura ainsi plus de chances de procréer si son partenaire a moins de 30 ans. "Nous estimons que les femmes âgées de 30 à 35 ans qui tentent une fécondation in vitro avec un homme plus âgé qu'elles ont en moyenne 11 % de chances en moins de concevoir, par rapport aux femmes dont le partenaire est aussi âgé de 30 à 35 ans", expliquent les chercheurs. Après, il reste cette réalité qu'entre l'âge de 30 et celui de 42 ans, une femme perd 46% de chances de concevoir un enfant par FIV.

Si les mystères de cette érosion de la fécondité masculine ne sont pas encore tous percés à jour, l'hypothèse d'une dégradation de l'ADN des spermatozoïdes pourrait jouer. Ces altérations pourraient affecter la fertilisation, l'implantation ou le développement embryonnaire. Sachant qu'une vie saine peut limiter les effets du temps.

David Namias