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Distilbène: les petites-filles des patientes également touchées par des malformations?

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Une nouvelle étude du Réseau DES France menée sur 759 petites-filles montre qu'elles connaissent un nombre anormalement élevé de naissance avec un fragment d'utérus, ainsi que des malformations génitales.

Sur combien de générations le Distilbène, ce médicament censé prévenir les fausses couches distribué jusqu'en 1977, a-t-il fait de victimes? Une nouvelle étude menée par le Réseau DES France et dévoilée ce jeudi par Le Parisien montre que les petites-filles des patientes auxquelles on a prescrit le médicament il y a plus d'un demi-siècle pourraient encore en subir des conséquences, notamment par des malformations génitales.

Au moins 160.000 enfants exposés

Le Distilbène est le nom commercial d'une hormone de synthèse prescrite en France à partir de 1950 aux femmes enceintes pour prévenir les fausses couches, les risques de prématurité et traiter les hémorragies de la grossesse. Soupçonné de toxicité dans des études dès 1953, le Distilbène provoquait en réalité des cancers et affectait l'appareil génital. Il a été interdit de commercialisation en 1977.

Selon le réseau DES France, qui soutient les victimes de ce médicament, au moins 160.000 enfants nés pour la plupart dans les années 1970 auraient été exposés au produit. La nouvelle étude de l'association, financée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s'est penchée cette fois sur 759 petites-filles des femmes ayant pris le médicament.

Syndrome Rokitansky

Parmi elles, on comptabilise un nombre anormalement élevé de naissances avec un syndrome de Rokitansky (une absence totale ou partielle d'utérus) par femme: 3 pour 759, contre 1 pour 4500 pour le reste de la population, indique Le Parisien. 

L'une des gynécologues ayant participé à l'étude précise toutefois que les conséquences ne sont pas aussi graves que pour la deuxième génération du médicament, qui a subi "les grossesses extra-utérines, les fausses couches tardives ou la prématurité", rappelle au quotidien Anne Wautier.

De son côté, le laboratoire qui commercialisait à l'époque le Distilbène nuance l'étude: "Il s'agit de résultats à partir d'une enquête déclarative. On ne peut pas en tirer de conclusions définitives", déclare Anne de Cassini, vice-présidente du laboratoire belge UCB Pharma.

Elle reconnaît toutefois que "c'est un signal qui mérite d'être creusé."

Esther Paolini