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Covid-19: pour Jean-François Delfraissy, "il y aura d'autres variants", car "c'est l'histoire naturelle"

Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, était auditionné en visioconférence ce jeudi soir par les députés et les sénateurs. Il a passé en revue la situation des différents variants du Covid-19 sur le territoire.

Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, est intervenu ce jeudi soir par visioconférence à l'Assemblée nationale pour dresser un point de la situation devant des députés et des sénateurs. Il s'est surtout employé à clarifier la question des variants. "A nos yeux, l’arrivée de ces variants, pour toute une série de questions scientifiques, de fond, philosophiques, est en train de modifier la donne", a-t-il souligné, ajoutant:

"Certains parlent d’épidémie dans l’épidémie, d’autres de nouvelles pandémies. Moi je crois que c’est l’histoire naturelle. Il y aura d’autres variants. Et il faut se donner en terme de vaccination une très grande souplesse sur la construction des vaccins."

Pour faire face au mieux aux variants et à leur virulence croissante, Jean-François Delfraissy a indiqué deux outils, en-dehors de la vaccination: "Il y a une capacité de séquençage qui est inférieure à ce qu’elle est en Angleterre mais n’est pas nulle. Elle doit augmenter. C’est d’ailleurs en cours d’augmentation. Il faut la surveillance avec les tests PCR et le séquençage."

Variant britannique: 14% des cas franciliens

Il a ensuite passé en revue les caractéristiques des divers variants, à commencer par le britannique, dont Olivier Véran a, dans l'après-midi, souligné qu'il était le variant circulant en France "pour l'essentiel".

"On a les derniers chiffres, on a des enquêtes. Une enquête réalisée les 8 et 9 janvier, une deuxième enquête réalisée hier mais on a aussi des données pour la région parisienne qui viennent de l’ensemble des laboratoires de virologie. On en est globalement à 14% (parmi les cas positifs, ndlr) à Paris. On est probablement autour de 9% à 10% dans la région sud", a évalué Jean-François Delfraissy. Le scientifique a encore remarqué: "Il y a une grande hétérogénéité selon les régions, avec des régions moins touchées, même si toutes le sont. C’est d’ailleurs également le cas en Angleterre."

Bonne nouvelle cependant, Jean-François Delfraissy a confirmé l'efficacité des vaccins contre la souche britannique: "La grande question, c'est de savoir si elle est sensible aux vaccins? La réponse est pour le moment oui, très probablement. Les données sont plutôt rassurantes."

Des variants sud-africain et brésilien encore obscurs

Il s'est alors penché sur le variant sud-africain, dont la circulation en France semble à ce stade bien plus réduite. "Son niveau de transmission est un petit peu plus élevé que le variant anglais. (…) Malheureusement, une série de données suggère que les anticorps monoclonaux et ceux de patients ayant fait un Covid ne le neutralisent pas", a-t-il dit, avant d'évoquer sa vulnérabilité éventuelle devant les vaccins:

"Pour le vaccin, ce sont des données qui sont un peu ‘verre à moitié plein ou à moitié vide‘, certaines suggèrent qu’il y a une neutralisation par les sérums, d’autres données montrent qu’il y a une perte de sensibilité au vaccin de l’ordre de 40%".

Enfin, il a porté son propos sur la souche brésilienne, qui demeure méconnue. "Un peu comme le variant sud-africain, la souche brésilienne semble mal neutralisée par les anticorps neutralisants et ceux des personnes ayant eu le Covid", a-t-il dit avant de remarquer: "Le variant brésilien survient à Manaus qui était considérée par les spécialistes comme une ville ayant atteint un taux d’immunité collective de 70%".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV