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Covid-19: bientôt une alerte pour prévenir de la circulation du virus selon la météo

Une jeune femme utilisant son smartphone - Image d'illustration

Une jeune femme utilisant son smartphone - Image d'illustration - Marvin Recinos - AFP

L'application MyPredict, une filiale de Météo-France, va prochainement intégrer une pastille alertant ses utilisateurs lorsque les conditions météorologiques seraient favorables à la circulation du coronavirus.

Les départements bientôt placés en vigilance orange ou rouge pour risque de forte circulation du Covid-19? S'il ne prendra pas cette forme, l'indicateur de la société Predict Services s'en rapproche.

Cette filiale de Météo-France, spécialisée dans l'accompagnement de gestion de crise des risques naturels, s'est notamment intéressée au développement hétérogène de l'évolution de la pandémie en France.

La température et l'humidité comme indicateurs

"Il y a des endroits où le virus circulait très vite et d’autres un peu moins", relate son président Alix Roumagnac auprès de BFMTV.com, "on s'est demandé s'il n'y avait pas une influence du climat sur la transmission [...] On a alors lancé une étude s'appuyant sur des analyses du MIT (Massachussetts Institute of Technology) qui montraient comment les paramètres température-humidité semblaient influencer la transmission du Covid".

La société publie fin décembre une étude établissant une corrélation entre conditions météorologiques et risques de contamination au Covid-19. Avec son indicateur baptisé IPTCC (Index Predict de Transmissivité Climatique du Covid-19), Predict services se base sur la diffusion de goutelettes, celles-ci ayant une plus forte émission lorsque les températures oscillent entre 6 et 7°C et lorsque le taux d'humidité dans l'air doit être compris entre 60 et 80%.

"C'est le domaine où ces goutelettes ont le plus de capacité à rester en suspension", précise Alix Roumagnac. "Quand il fait très très froid elles vont tomber au sol très rapidement et lorsqu'il fait chaud elles vont s'évaporer".

Une "corrélation"

Interrogé par BFMTV.com, le Pr Antoine Flahault souligne toutefois qu'il s'agit ici d'une "corrélation", rappelant que c'est principalement à l'intérieur que se produisent les transmissions entre individus.

"C'est plutôt la pollution qui est liée à des conditions météorologiques particulières qui est à l'origine de cette augmentation de transmission et de gravité du Covid plutôt que la température et l'humidité", affirme le directeur de l'Institut de santé globale de Genève, "nous avons observé que lorsqu'il y avait une inversion des températures, il y avait un pic de pollution atmosphérique et que ce pic était lui-même associé statistiquement à ces pics du Covid".

Il faudrait donc pour l'épidémiologiste suivre davantage les pics de pollution que la météorologie pour anticiper l'évolution de l'épidémie du coronavirus: "On pourrait aussi directement s'intéresser aux prévisions de pollution atmosphérique de particules fines". Une "hypothèse alternative" pour Antoine Flahault, qui voit le facteur météo comme un intermédiaire à la pollution de l'air, plus convaincant selon lui, qui évoque les régions sur la façade atlantique "plutôt mieux loties que les régions plus polluées de l'est du pays".

Une fonctionnalité prévue pour la fin mai sur l'application

Toujours est-il que cette prochaine fonctionnalité de l'application déjà existante MyPredict prendra la forme d'une pastille qui apparaîtra sur les téléphones lorsque les conditions climatiques sont propices à la circulation du virus. L'utilisateur sera alors averti en détail pour les communes qu'il a enregistré ou en temps réel s'il active sa géolocalisation. Dès lors, une notification sera-t-elle envoyée sur les smartphones lorsque les conditions météo ne favorisent pas la circulation du virus? "Non", nous répond Alix Roumagnac.

"L'idée est d'inciter aux mesures de prévention et de précaution lorsque la situation est propice, pas de pousser à la légèreté lorsque la situation est normale", ajoute-t-il.

Des phases de tests sont encore à prévoir et les dégradés de couleur selon les conditions météo sont à finaliser avant la sortie de cette mise à jour, prévue pour "la dernière décade du mois de mai". Un outil qui pourrait potentiellement être intégré à l'application TousAntiCovid?

"On a commencé à déposer nos données sur data.gouv.fr. On peut travailler avec eux sur ce sujet. Si les autorités sanitaires le souhaitent il n’y aura pas de soucis de notre côté", répond enfin Alix Roumagnac.
Hugues Garnier Journaliste BFMTV