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Coronavirus: Olivier Véran "réévalue la doctrine" pour équiper les Français de masques

Olivier Véran en février 2020.

Olivier Véran en février 2020. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

La mise à disposition de ces protections pourrait, pour certains employés et sociétés françaises, être une condition sine qua non pour reprendre le travail au terme du confinement.

Après plusieurs semaines de tergiversations, les masques de protection vont-ils faire partie de l'équipement quotidien des Français? Dans un entretien accordé à Brut ce samedi, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a expliqué que dans le cadre de la pandémie de Covid-19 qui touche désormais la planète entière, l'important pour les autorités sanitaires était de savoir s'adapter.

"On apprend, on apprend énormément de cette épidémie, et être capable d'avoir d'autres moyens de protection de la population, lorsqu'on aura levé le confinement, avec une sensibilisation complète de la population, ça fait sens", explique-t-il dans un premier temps. 

Phase de discussions 

Parmi ces options, comme l'avait déjà laissé entrevoir vendredi soir, lors de son point quotidien Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, figurent donc ces masques de protection. Alors que le gouvernement réfléchit à la manière dont le déconfinement des Français pourrait se dérouler, l'hypothèse d'une protection prolongée serait à l'ordre du jour.

"On doit être capables de produire des masques, pour des personnes qui ne sont pas des personnes soignantes, qui sont ce qu'on appelle les personnes qui sont en deuxième ligne, des gens qui vont être en contact avec du public, voire demain, pouvoir proposer à tout le monde de porter une protection", assure Olivier Véran.

Selon le ministre, le projet est actuellement en discussion "avec le conseil scientifique, avec les experts de virologie, avec les agences sanitaires, on est en train de leur demander de réévaluer la doctrine, à savoir est-ce que c'est bien ou pas bien de le faire, est-ce qu'on est capables, et dans quelles conditions, de le proposer aux Français, et à partir de quand est-ce que cela est nécessaire", précise-t-il encore.

Sociétés et employés inquiets 

Cette décision pourrait d'autant plus être motivée par les pressions reçues parle gouvernement à ce sujet. Selon nos informations, de nombreux syndicats, mais aussi grands groupes publics et privés, se sont manifestés et ont fait montre de leur inquiétude quant à la santé de leurs employés pour les semaines à venir. Nombre d'entre eux exigeraient d'ailleurs des avancées claires avant de reprendre le travail.

De fait, la DGA (Direction générale de l'armement), a été dépêchée afin d'homologuer ces masques "civils" et plusieurs entreprises seraient déjà sur les rangs pour les produire. D'ici la fin du mois, l'objectif est une production équivalente à un million de pièces quotidiennes.

La France pourrait également subir l'influence de l'étranger. Ce vendredi, Donald Trump a annoncé que les autorités sanitaires conseillaient désormais aux Américains de se couvrir le visage lorsqu'ils sortent de chez eux.

"Il y a une vraie inflexion aux Etats-Unis et l'OMS est en train de réviser ses recommandations", déclare le Pr KK Cheng, spécialiste de santé publique à l'université de Birmingham (Angleterre), favorable au port généralisé du masque.
Anne Saurat-Dubois avec Hugo Septier