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Compléments alimentaires: quels besoins pendant la grossesse?

Sauf exception, les compléments alimentaires n’ont pas d’intérêt dans le cadre d’une alimentation variée.

Sauf exception, les compléments alimentaires n’ont pas d’intérêt dans le cadre d’une alimentation variée. - iStock - Susan Chiang

Beaucoup de suppléments contenant des vitamines et minéraux sont commercialisés à destination des femmes enceintes. Mais une très grande partie d'entre eux serait inutile, avertissent des scientifiques qui vantent seulement les bienfaits de deux vitamines.

Avec notre partenaire Durant la grossesse, il est important de veiller à un bon équilibre nutritionnel pour éviter des carences alimentaires qui provoqueraient des complications chez l'enfant (pré-éclampsie, retard de croissance intra-utérin). C'est pour cette raison que de nombreuses mères se tournent vers les vitamines et des oligo-éléments sous forme de compléments alimentaires. Mais cette accumulation de supplémentations ne serait pas nécessaire et représenterait même une source de dépense inutile, affirment les auteurs d'une étude publiée dans la revue scientifique "Drug and Therapeutic Bulletin".

Vitamine B (B1, B2, B3...) vitamines C, D, E, K mais aussi le zinc, le fer, le magnésium, ou encore le sélénium... s'il peut s'avérer tentant de se procurer des boîtes de suppléments qui regroupent toutes ces vitamines et minéraux, les scientifiques mettent en garde contre ce cocktail loin de s'avérer indispensable. En effet, les bénéfices cliniques de ces suppléments pour les femmes en bonne santé grâce à une alimentation saine "n'ont pas été démontrés", affirment-ils, avant de préciser que les futures mères "feraient bien de résister" au marketing de ces produits.

Privilégier l'acide folique et la vitamine D

Ces conseils ne seraient en réalité valables pour les mères vivants dans les pays peu développés, où elles plus susceptibles d'être sous-alimentées. Dans les pays industrialisés, les carences alimentaires sont à prévenir en privilégiant une alimentation équilibrée, et seule une supplémentation en acide folique (vitamine B9) et en vitamine D demeure essentielle, précisent les auteurs de l'article. Une recommandation également émise par le ministère de la Santé, via l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) et son "Guide de Nutrition avant et après la grossesse".

Le ministère de la Santé précise sur ce sujet, que la prescription de l'acide folique est "systématique", car cette vitamine est indispensable pour le développement du système nerveux embryonnaire et pour éviter des malformations graves (spina-bifida, anencéphalie). La vitamine D joue quant à elle un rôle majeur dans la minéralisation du squelette fœtal en augmentant la capacité de l’intestin maternel à absorber le calcium. Mais son apport étant couvert pour un tiers par l’alimentation et pour deux tiers sous l’influence du soleil, sa prescription (400 UI/j) se fait plus rare, en cas d'une absence d'exposition au soleil ou de grossesses répétées et rapprochées.

Alexandra Bresson