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Château-Chinon, première sous-préfecture sans médecin généraliste

Certains habitants, trop âgés, ne sont pas dans la capacité de parcourir 18 kilomètres en voiture pour se faire ausculter par un médecin généraliste.

Certains habitants, trop âgés, ne sont pas dans la capacité de parcourir 18 kilomètres en voiture pour se faire ausculter par un médecin généraliste. - Jeff Pachoud-AFP

Depuis fin janvier, Château-Chinon, dans la Nièvre, une ville connue pour avoir été le fief de François Mitterrand, ne compte plus un seul médecin généraliste. Les habitants doivent ainsi parcourir 18 kilomètres pour se faire ausculter. Un problème auquel les services sanitaires de la ville tentent de remédier.

Depuis le départ du dernier médecin généraliste de la commune le 31 janvier dernier, les habitants de Château-Chinon, en Bourgogne, doivent parcourir plus de 18 kilomètres pour bénéficier d'un accès aux soins. Château-Chinon est ainsi devenue la première sous-préfecture de France sans médecin généraliste. Tout comme les 2.440 habitants de cette petite ville, les 3.560 autres villageois de la communauté de communes du Haut-Morvan se retrouvent eux aussi sans médecin de famille.

A l'époque où François Mitterrand était maire dans la région, quatre médecins exerçaient à Château-Chinon. En 2013, la commune en comptait toujours autant. Deux d'entre eux sont partis en 2014. Un autre a pris sa retraite début 2015, tandis que le dernier praticien est finalement parti exercer dans une autre ville. En novembre dernier, mille personnes avaient manifesté pour défendre la maison médicale et l’offre locale de soins.

Des habitants dans l'incapacité de se déplacer

Cette absence de médecin généraliste à proximité est un véritable problème pour les habitants de la commune. "Il y a des gens qui n'ont pas de voitures pour aller chez le toubib", témoigne une habitante. D'autant plus que la moyenne d'âge des habitants de la commune est assez élevée. Parcourir 18 kilomètres pour se rendre chez un médecin peut s'avérer "compliqué", affirme une retraitée de 91 ans.

La situation inquiète aussi les professionnels de santé. "Si les gens qui ont une maison secondaire savent qu'il n'y a pas de médecin, ils ne viendront pas s'installer à la retraite ici et ils iront vendre leur maison, une de plus, pour aller ailleurs", s'alarme l'un d'entre eux. Le 14 février, le Comité de citoyens de Château-Chinon pour la santé a été créé. Il regroupe 12 professionnels travaillant dans le paramédical (infirmiers, pharmaciens, orthophonistes...), dont certains exercent à la maison médicale locale. Ce collectif demande à être associé au recrutement des médecins libéraux. Plus de 100 personnes y ont adhéré en l'espace d'une semaine. 

Des solutions provisoires mises en place

Château-Chinon étant située dans une zone de revitalisation rurale, un généraliste qui y effectuerait ses débuts bénéficierait pendant les cinq premières années d’une exonération fiscale totale. Afin d'attirer davantage, la communauté de communes se dit prête à salarier les médecins au cours de leurs premiers mois d'exercice. L'Agence régionale de santé (ARS) pourrait quant à elle proposer des contrats de praticien territorial de médecine générale.

En attendant de trouver le ou les candidats à ce titre, des solutions provisoires ont été mises en place pour assurer la continuité de l’offre de soins. Alors que l’ARS Bourgogne finance un cabinet de recrutement, deux médecins de l'hôpital proposent tous les jours des consultations dans la maison médicale locale. L’ARS a également indiqué avoir recours à des médecins retraités ou remplaçants. En attendant, les généralistes travaillant à proximité sont sollicités. En 2013, plus de 5.000 patients ont consulté un généraliste à Château-Chinon.

Johanne-Eva Desvages avec Antoine Heulard et Frédérique Boisseau