BFMTV

Les bonnes pistes pour limiter la hausse de l’absentéisme

Le taux d'absentéisme est l'un des indicateur de la souffrance au travail.

Le taux d'absentéisme est l'un des indicateur de la souffrance au travail. - Toshiyuki IMAI - CC - Flickr

Dans près de six entreprises sur dix, le nombre d’arrêts maladie a augmenté ces cinq dernières années. C'est particulièrement le cas dans les grosses structures. Quelques clés pour mieux l’appréhender.

L’absentéisme a monté en flèche entre 2011 et 2016. Derrière ces arrêts en rafale se cache souvent une souffrance au travail. Les sociétés de plus de 5000 salariés doivent particulièrement s'inquiéter: huit sur dix ont noté une recrudescence. Contre une entreprise de moins de 50 salariés sur trois. Le sentiment d’être interchangeable explique en partie que le personnel s’arrête davantage dans les gros établissements.

"Les salariés se disent que, qu’ils soient présents ou pas, le travail sera fait, surtout dans les secteurs de la banque et de l’assurance. Cela traduit un manque criant de valorisation et de reconnaissance", assure Gurvan Collin, président du comité scientifique du Référentiel de l’absentéisme, qui a présenté les résultats de son enquête le 20 juin, au salon Préventica, à Paris.

1 - La technique du bâton ne fait pas ses preuves

Un autre chiffre le surprend davantage: 85% des directions ne quantifient pas le coût de l’absentéisme… D’où le défaut total de prévention pour 16% d’entre elles. Ou le manque de pertinence des actions mises en oeuvre. Car quand les employeurs agissent, la première mesure dégainée est la contre-visite médicale pour près de la moitié d’entre eux. "Des mesures de long terme sont bien plus efficaces que la technique du bâton ou de la carotte", commente Gurvan Collin.

2 - Des entretiens de réaccueil

Les entretiens de réaccueil font partie de ces méthodes efficaces au long court. Quand les managers les réalisent dans une démarche de bienveillance, ils montrent au salarié que l’entreprise s’est rendu compte de son absence et que l'on se préoccupe de lui. Cette solution arrive seulement en deuxième position... Juste devant la prime d’assiduité ou l’intéressement lié à l’absentéisme. Une carotte plus facile à mettre en œuvre que des formations au management, le lancement d’un programme de prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS) ou des risques psychosociaux (RPS).

3- Des programme de prévention du stress

Or cette dernière solution de fond permet d’éviter des situations de surcharge de travail qui provoquent des états de fatigue du personnel, puis des arrêts maladie en chaîne. "Parfois, des mesures simples suffisent, comme le fait d’afficher sur la porte du service paie pendant les cinq jours de rush 'paie en cours, urgence uniquement'", témoigne Gurvan Collin, qui dirige également une société qui vise à prévenir l’absentéisme, GPA initiatives. Si l’acronyme RPS effraie bien souvent les directions, les démarches de Qualité de vie au travail, elles, attirent davantage: une entreprise sur dix interrogée en a mis une en place. C’est déjà quatre fois plus qu’il y a quatre ans.

Rozenn Le Saint