BFMTV

Après le cœur, des chercheurs français développent un poumon artificiel

Un dispositif de poumon artificiel pourrait être prêt pour 2020. (Photo d'illustration)

Un dispositif de poumon artificiel pourrait être prêt pour 2020. (Photo d'illustration) - Corl Kidred - Flickr - CC

Ce dispositif externe qui pourrait être disponible à partir de  2020, s'adresse aux personnes en insuffisance respiratoire grave et trop faibles pour recevoir une greffe. Il est en cours de développement au centre chirurgical Marie-Lannelongue, dans les Hauts-de-Seine.

Le succès du cœur artificiel de la société Carmat fait des émules. Une équipe du Centre chirurgical Marie-Lannelongue du Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine, a révélé à Europe 1 qu'elle travaillait sur la mise au point d'un poumon artificiel. Le projet bénéficie d'un financement étatique de cinq millions d'euros dans le cadre du Programme d'investissements d'avenir de l'Agence nationale de la recherche (ANR), prècise Le Figaro.

Un poumon externe porté à la ceinture

Contrairement au cœur artificiel qui impose une chirurgie lourde, ce poumon artificiel ne nécessite pas d'être implanté. Le dispositif, qui pourra prendre la forme d'une ceinture suspendue sous la poitrine, reste donc externe et s'adresse aux malades souffrant d'une insuffisance respiratoire grave et qui ne sauraient supporter une intervention chirurgicale trop invasive. Nul besoin, non plus de retirer le ou les poumons déficients qui pourront rester en place.

Pour amener l'oxygène jusqu'au cœur, une canule sera cependant insérée dans une artère au niveau du cou. "La canule est la seule chose qui va rester à l’intérieur du corps", explique à Europe 1 le professeur Olaf Mercier, qui dirige ce projet au centre chirurgical Marie-Lannelongue. "Elle va pénétrer à la base du cou et va aller jusque dans le cœur au niveau de la partie droite pour prendre le sang sans oxygène et au niveau de la partie gauche pour redonner du sang avec l’oxygène".

Quelque 10.000 patients seraient concernés chaque année. Les chirurgiens espèrent pouvoir réaliser les premières implantations d'ici à cinq ans.

Un défi technologique

Si des dispositifs de respiration artificielle existent déjà, ceux-ci doivent être branchés sur le secteur. "Les patients restent allongés sans bouger en service de réanimation, explique le professeur Olaf Mercier au Figaro. Le but de ce poumon artificiel est d'être portatif et le plus autonome possible en terme d'énergie pour pouvoir faire sortir les malades de réanimation voire de l'hôpital." Le plus gros problème pourrait être de concevoir une batterie tenant la distance pour valider cette option.

D. N.