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Une chute des adhérents et des élus au Front national? Le parti livre sa version

Wallerand de Saint-Just et Marine Le Pen.

Wallerand de Saint-Just et Marine Le Pen. - JACQUES DEMARTHON / AFP

La presse a fait état d'une baisse du nombre d'adhérents au Front national ainsi que de ses élus. Contacté par BFMTV.com, Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national, conteste les chiffres avancés s'agissant des militants mais confirme l'érosion du nombre de conseillers régionaux du parti.

L'heure est-elle à l'hémorragie au Front national? Selon un article publié mercredi par Le Figaro, à la veille du congrès de Lille, il y a environ trois semaines, le mouvement de Marine Le Pen ne comptait plus que 38.000 adhérents à jour de cotisation, contre 83.000 en 2014.

Controverse sur le nombre des troupes frontistes 

Wallerand de Saint-Just, trésorier du Front national, a démenti jeudi auprès de BFMTV.com l'hypothèse d'une telle chute de 45.000 militants en quatre ans, évoquant une confusion entre les effectifs des adhérents "à jour", qui ont réglé leur cotisation, et les adhérents "statutaires", c'est-à-dire les militants qui n'ont pas encore payé la cotisation due, mais ont encore un délai pour le faire et, à ce titre, sont encore considérés par le parti comme membres. Selon Wallerand de Saint-Just, les chiffres actuels pour le Front national sont les suivants: 80.000 adhérents statutaires dont 50.000 à jour de leur cotisation. 

Steve Briois, vice-président du Front national, a quant à lui confirmé auprès de l'AFP l'existence d'une baisse du nombre d'adhérents frontistes, due selon lui à l'impossibilité, pendant quatre mois, de renouveler son adhésion en ligne au Front national, qu'il a mise sur le compte d'une "persécution bancaire": "Nous avons subi une baisse (du nombre d'adhérents) liée aux problèmes bancaires. Depuis que l'adhésion en ligne remarche, nous rattrapons le retard". 

Les départs des élus "pas contestables", admet Saint-Just

En revanche, il est une décrue qui ne souffre aucune polémique: celle du nombre de conseillers régionaux frontistes. Par exemple, Le Figaro assure qu'après avoir disposé d'un groupe de 22 élus en Île-de-France après les régionales de 2015, le FN ne compte plus que douze personnes.

"Ces chiffres ne sont pas contestables", reconnaît Wallerand de Saint-Just, par ailleurs président du groupe Front national en Île-de-France. "L'un de nos membres est parti considérant qu'il n'avait pas été bien traité au moment des législatives. Nous avons aussi perdu trois conseillers au bénéfice des Patriotes de Florian Philippot en septembre. Ensuite, trois dames nous ont quittés nous trouvant 'trop à gauche' et récemment deux conseillères sont parties sans explication". 

Cette liste de partants, qui a eu tendance à s'allonger ces derniers mois, agace le chef de file des frontistes franciliens. "La fidélité, c'est difficile pour un certain nombre de personnes. S'ils avaient un peu d'honneur, ils auraient démissionné de leur mandat, d'autant plus que les régionales sont un scrutin de liste", s'irrite Wallerand de Saint-Just. 

Robin Verner