BFMTV

"Tristes fêtes", "la France sous couvre-feu": Castex dépeint en "Père Fouettard" par la presse

Le Premier ministre Jean Castex, le 10 décembre 2020 à Paris

Le Premier ministre Jean Castex, le 10 décembre 2020 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Un couvre-feu à partir de 20 heures sera instauré le 15 décembre. Seul le réveillon de Noël dérogera à la règle.

En privant les Français de spectacles et de fête du Nouvel an, le Premier ministre Jean Castex s'est montré plus Père Fouettard que Père Noël même s'il a sauvé ce dernier de la tristesse promise, estime ce vendredi la presse au lendemain des annonces gouvernementales.

"Castex annonce de tristes fêtes", note Le Parisien à la Une, alors que Le Figaro voit "la France sous couvre-feu" et "douche froide". Cela fait que "la culture a les boules", déplore Libération. Et Les Échos s'amusent: "Castex durcit le déconfinement".

Jean Castex "avait ainsi clairement pour mission hier de serrer la vis et de faire en sorte que cela s'entende et se voie". Il s'est montré "Père Fouettard plus que père Noël, même s'il a sauvé le second", écrit l'éditorialiste des Dernières Nouvelles d'Alsace, Pascal Coquis.

"Si le Premier ministre a conclu en faisant appel aux valeurs de solidarité et de responsabilité, c'est bien toujours une forme de paternalisme autoritaire qui s'impose", juge Daniel Muraz dans le Courrier Picard.

"Des voeux... au balcon"

Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau pleure déjà. "Les fêtes de fin d'année seront donc tristes comme un jour sans cinéma, sans théâtre, sans grand rassemblement pour les 12 coups de minuit et surtout, sans grande tablée familiale puisque le chiffre de six à table reste hautement recommandé, nous privant de ces rituels attachés à la 'magie de Noël'".

"Noël en famille, la Saint-Sylvestre au lit. Les 'flux' commerciaux sont préservés, les 'flux' culturels sont bannis. Pas le droit d'aller au cinéma, au théâtre, au musée, présentés comme un trop grand risque de brassage. Pas même la journée pendant ces vacances scolaires qui auraient pu amener quelques clients, contrairement aux magasins qui restent ouverts", regrette Maurice Bontinck dans la Charente Libre.

"2021 commencera par des voeux... au balcon. Seul le réveillon du 24 décembre échappera à cette privation générale de sortie", note Jean-Michel Servant dans Midi Libre en se réjouissant de la tournée du Père Noël maintenue malgré tout. Pour autant, "cela promet de cruels dilemmes familiaux sur le casting de ce réveillon à six convives maximum", prévoit Benoit Gaudibert dans l'Est Républicain.

"Les messages sont contradictoires"

Sauver Noël et sacrifier la Saint-Sylvestre n'est pas "cohérent", selon Christophe Herigault de La Nouvelle République. "Mais priver les Français de cette généreuse parenthèse familiale semblait impossible. Socialement, psychologiquement, économiquement, et tout simplement humainement".

"Le Premier ministre a troqué un réveillon de Noël relativement libre contre une Saint-Sylvestre sous couvre-feu. Pourtant, la logique a bien du mal à se frayer un chemin dans ce dédale d'annonces. Testez-vous mais pas trop! Circulez de jour mais pas de nuit! Festoyez le 25 mais pas le 31: difficile d'y voir clair tant les messages sont contradictoires", relève Michel Klekowicki dans Le Républicain Lorrain.
C.M. avec AFP