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Six points chauds et quelques voix d'écart

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Après la victoire serrée et contestée de Martine Aubry à la tête du PS, les camps Aubry et Royal se livrent bataille à coups de communiqués, chiffres à l'appui. Tour d'horizon de ces lieux de tensions où les comptes ne sont pas bons.

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Au PS, on ne se bat plus pour des idées. Ni contre des personnes. Mais pour des voix. Les 42 qui ont donné dans la nuit de vendredi à samedi la victoire à Martine Aubry lors de l'élection du premier secrétaire du parti. Une victoire et des résultats que Ségolène Royal et ses lieutenants contestent, réclamant un nouveau vote. Retour sur ces chiffres et ces lieux où "ça coince".
La "commission de récolement" du PS passe ce matin en revue les procès verbaux envoyés par les fédérations vendredi lors du dépouillement. Elle adressera ensuite un rapport au conseil national qui tranchera demain mardi lors d'une réunion exceptionnelle.

Dans le Nord, les résultats sont différents des résultats officiels. Et à Lille, on parle d'une présumée faute de transcription qui aurait donné 20 voix supplémentaires à Martine Aubry, maire de la ville. Manuel Valls, proche de Ségolène Royal a donc décidé de porter plainte pour "faux en écriture". Ce à quoi le PS local a aussitôt riposté en envisageant une plainte en diffamation contre Valls.

En Moselle, on a constaté un écart de 12 voix en trop pour Aubry et 12 voix manquantes pour Royal, selon un communiqué officiel.

En Gironde, des votes en faveur des 2 candidates ont malencontreusement été inversés. Selon Alain Anziani, partisan de Martine Aubry, celle-ci aurait été lésée de 11 voix et Ségolène Royal créditée de 41 bulletins en trop, suite à une erreur dans la section de Blaye. Le camp adverse a aussitôt démenti, par l'intermédiaire de Gilles Savary, conseiller général du canton de Talence.

En Nouvelle Calédonie, les suffrages n'ont pas été pris en compte dans le calcul national. C'est ce qu'a souligné Jean-Pierre Mignard, proche de Ségolène Royal. Or, sur le site pscaledonie.org, il est fait état d'un résultat de 81,27% en faveur de Ségolène Royal. Le camp Aubry a dans la foulée pointé du doigt plusieurs DOM-TOM où Ségolène Royal a réalisé des scores très importants.

La réaction ne s'est pas fait attendre : la Guadeloupe a notamment assuré que les irrégularités concernaient une section ayant "massivement voté pour Martine Aubry".

Enfin, 19 voix en faveur de Martine Aubry n'aurait pas été décomptées dans la section des Français de l'étranger. La direction du PS rue de Solferino aurait pressé celle-ci dans la nuit de vendredi à samedi, de lui donner des résultats, avant même que tous les militants de l'étranger n'aient tous voté, pour cause de décalage horaire.
Jean-Yves Le Borgn, premier secrétaire fédéral de la fédération des Français de l'étranger au PS - qui compte 2200 personnes, explique : « A 00h30 environ, la direction du Parti socialiste a téléphoné à mon bureau. Je procédai à ce moment là à la réception des procès verbaux des sections socialistes de l'étranger. Nous avons été très encouragés à donner des résultats. Ce que j'ai fait tout en précisant qu'il ne s'agissait par définition que de résultats provisoires. Et quelle n'a pas été ma surprise dans le courant de la nuit de m'apercevoir que nos résultats provisoires, partiels, avaient été considérés comme définitifs et publiés dans un communiqué de presse dans le courant de la nuit. »

Au final, l'addition est encore plus corsée pour Ségolène Royal, puisque l'on se retrouve avec une différence de 53 voix - au lieu de 42 actuellement, en faveur de Martine Aubry. La dame des 35 heures a donc toutes ses chances de confirmer sa victoire à la tête du PS.

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Juliette VINCENT, avec Christophe BORDET