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Sécheresse: une avance d'un milliard d'euros d'aides européennes aux agriculteurs

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume. -

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume. - - Ludovic Marin - AFP

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, a annoncé ce dimanche dans les colonnes du Parisien le versement "d'un milliard d'euros d'avance de trésorerie" pour aider les agriculteurs impactés par la sécheresse.

Le gouvernement va demander le versement anticipé d'une partie des aides européennes aux agriculteurs, soit une avance de trésorerie d'un milliard d'euros, pour les aider face à la sécheresse, a annoncé le ministre de l'Agriculture au Parisien.

"En général, 50% des aides liées à la Politique agricole commune (PAC) sont attribuées à la mi-octobre. Nous allons demander à l'Union européenne de faire passer ce pourcentage de 50% à 70% et ce, dès le 16 octobre. Cela représentera un milliard d'euros d'avance de trésorerie supplémentaire", a précisé Didier Guillaume dans un entretien mis en ligne ce dimanche soir par le quotidien.

"Nous devons aider les agriculteurs en difficulté à passer ce cap difficile, notamment ceux qui ont du mal à nourrir leurs bêtes ou utilisent déjà les stocks de foin qui devaient être gardés pour cet automne et cet hiver", a poursuivi le ministre.

Neuf départements supplémentaires concernés par la clause de force majeure

Parmi les autres aides d'urgence, le ministre a annoncé que neuf départements supplémentaires seraient désormais concernés par la clause de force majeure "pour permettre aux éleveurs de faucher les jachères, pour pouvoir nourrir leurs animaux, car il n'y a tout simplement plus d'herbe dans les pâturages pour les alimenter".

Vingt-quatre départements du centre et du sud du pays étaient déjà concernés depuis le 1er juillet par cette mesure exceptionnelle, acceptée par l'Union européenne: Cher, Indre, Ain, Allier, Ardèche, Drôme, Isère, Loire, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Rhône, Ariège, Aude, Gard, Haute-Garonne, Gers, Hérault, Pyrénées orientales, Tarn, Tarn-et-Garonne, Creuse, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse.

"Au vu de la gravité de la sécheresse actuelle, j'annonce que neuf autres départements auront également cette autorisation pour cas de force majeure : le Cantal, les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, le Loiret, le Loir-et-Cher, la Haute-Savoie, le Jura, la Nièvre et le Haut-Rhin", a ajouté Didier Guillaume, qui doit justement se rendre lundi en visite dans le Loir-et-Cher.

Éviter une "décapitalisation" face à la pénurie de nourriture

Les annonces de Didier Guillaume interviennent à l'orée d'une nouvelle vague de chaleur qui selon Météo France devrait accabler la plus grande partie de la France cette semaine, dans la foulée d'une importante canicule fin juin et d'une année écoulée déjà bien plus sèche que la moyenne.

Selon le principe des vases communicants, le gouvernement veut en outre mettre en place des flux entre départements disposant de fourrage et ceux guettés par la pénurie, a encore souligné Didier Guillaume. "Avec les Chambres d'agriculture, nous allons (...) précisément identifier ces jours-ci les ressources disponibles - foin ou paille excédentaire -, afin d'organiser des flux de solidarité entre départements", a-t-il promis.

Didier Guillaume sera accompagné lors de sa visite dans le Loir-et-Cher par Claude Cochonneau, président des Chambres d'agriculture, qui seront chargées de coordonner cette solidarité. La logistique et le transport des fourrages seront en revanche financés par l'Etat, a indiqué le ministère de l'Agriculture.

Ces mesures sont prises pour tenter d'éviter une "décapitalisation" face à la pénurie de nourriture, a expliqué Didier Guillaume: "en clair, les exploitants vendront leurs bêtes et les enverront à l'abattoir, comme c'est arrivé l'an dernier".

Le spectre de cette "décapitalisation", baisse des cours à la clé, plane en effet sur le secteur, expliquait cette semaine Guy Hermouët, éleveur en Vendée et président de la section bovins chez Interbev, interprofession du bétail et des viandes."Il y a des régions qui ont eu des sécheresses de printemps importantes, comme la Loire, la Haute-Loire, qui ont récolté peu de fourrage de printemps", affirmait-il, prédisant à ces régions "un été difficile": "Tout le monde aujourd'hui va nourrir ses animaux, faute de repousse d'herbe, et utiliser le fourrage prévu pour cet hiver"

Manon Fossat avec AFP