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Réunions non-mixtes: Eric Piolle appelle à ne pas alimenter "les débats de l'extrême droite"

Eric Piolle, maire de Grenoble, était l'invité de BFMTV-RMC ce lundi matin. Il a donné son point de vue sur les réunions non-mixtes, y voyant une "étape" nécessaire mais en elle-même insufisante pour lutter contre les discriminations.

La question agite la classe politique depuis ce week-end. Samedi, l'ancienne journaliste Audrey Pulvar, aujourd'hui candidate socialiste à la présidence du Conseil régional d'Île-de-France, a défendu sur BFMTV le principe des réunions-non mixtes, après que Mélanie Luce, présidente de l'Unef, a confirmé que de tels événements pouvaient être organisés dans le cadre du syndicat étudiant.

Ce lundi matin, le maire de Grenoble, Eric Piolle, invité de Jean-Jacques Bourdin, a lui aussi évoqué ces réunions "en non-mixité", lors desquelles des personnes directement concernées ou exposées à des discriminations se retrouvent pour échanger entre elles, en l'absence de personnes issues de catégories considérées comme non concernées par la question.

L'élu écologiste y voit une "étape" nécessaire mais insuffisante en elle-même dans la lutte contre les discriminations et a appelé la classe politique à ne pas se laisser "entraîner dans les débats de l’extrême droite".

"Ne vous battez pas avec un cochon"

Samedi, sur notre plateau, Audrey Pulvar a ainsi déclaré: "Si une femme blanche ou un homme blanc veut assister à une réunion consacrée aux discriminations dont sont l’objet les personnes noires ou métisses, pas question de le ou la jeter dehors. En revanche, on peut demander à cette personne blanche de se taire, d’être spectatrice ou spectateur silencieux."

Réagissant à ce propos, Eric Piolle a notamment commenté: "Ne nous laissons pas entraîner dans les débats de l’extrême droite, qui sont alimentés par certains membres du gouvernement."

"Je défends l’Unef et j’appelle la gauche à ne pas se laisser entraîner dans un débat dont personne ne sortira vainqueur", a-t-il dit, prolongeant de manière plus imagée: "J’ai gardé une situation de ma vie professionnelle une citation qui était : 'Ne vous battez pas avec un cochon, vous finirez tous les deux dans la boue et lui aime ça'."

Plus tôt, il avait toutefois rappelé: "Nous avons une communauté nationale. Et chacun d’entre nous, vous moi, appartenons à une multitude de communautés, les communautés spirituelles, culturelles, sportives. Et ça ne change en rien notre lien à une communauté unique, sans intermédiaire."

Pour Eric Piolle, "il y a trois étapes dans la lutte contre les discriminations". La première correspond aux réunions non-mixtes. "Les gens victimes de discrimination, on peut comprendre qu’ils aient besoin d’un espace où ils peuvent partager en confiance ces discriminations", a-t-il décrit.

"La deuxième étape, c’est le partage de ce vécu de discrimination avec ceux qui ne les vivent pas. Ça devient un sujet collectif qui n’est pas limité à un tout petit nombre", a-t-il poursuivi. "Troisièmement, on développe un plan d’action", a-t-il achevé.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV