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Remaniement ministériel : des têtes pourraient tomber à Bercy

Les spéculations sur un prochain remaniement ministériel se multiplient en France avec Bercy en plat de résistance, le grand écart idéologique du tandem Pierre Moscovici-Arnaud Montebourg ayant atteint ses limites, selon certains proches du pouvoir. /Phot

Les spéculations sur un prochain remaniement ministériel se multiplient en France avec Bercy en plat de résistance, le grand écart idéologique du tandem Pierre Moscovici-Arnaud Montebourg ayant atteint ses limites, selon certains proches du pouvoir. /Phot - -

Si les spéculations sur un prochain remaniement ministériel vont bon train, elles semblent se focaliser sur Bercy, le grand écart idéologique du tandem Pierre Moscovici-Arnaud Montebourg ayant atteint ses limites, selon certains proches du pouvoir. Il faut dire que les points de frictions sont légions.

Les spéculations sur un prochain remaniement ministériel se multiplient en France avec Bercy en plat de résistance, le grand écart idéologique du tandem Pierre Moscovici-Arnaud Montebourg ayant atteint ses limites, selon certains proches du pouvoir. Avec quatre ministres et trois ministres délégués, la forteresse grise de l'Est parisien est en outre la cible idéale si François Hollande choisissait de resserrer son gouvernement.
Plus grave que les doutes sur l'opportunité d'avoir un ministre de plein exercice pour le commerce extérieur et un autre pour l'artisanat, le commerce et le tourisme, beaucoup de responsables politiques ne supportent plus les contradictions entre les deux poids lourds du ministère de l'Economie. Même Ségolène Royal, invitée ce mardi de Jean-Jacques Bourdin à 8h35 sur RMC et BFMTV, s'est permise lundi de dénoncer « les zizanies » à Bercy.

« Ce n'est plus possible ! »

« C'est clair et net : il faut qu'il y ait une clarification. Ce n'est plus possible ! », déclare une source gouvernementale qui a requis l'anonymat, assurant que les divergences entre le ministre de l'Economie et des Finances et le ministre du Redressement productif renforcent un climat déjà très anxiogène. Selon une autre source gouvernementale, « Bercy pose une difficulté, tout le monde le sait ». « C'est un ministère qui a besoin d'un patron », poursuit la source. « Il faut une équipe soudée ».
Fidèle à son passé d'inventeur de synthèses à la tête du Parti socialiste, François Hollande a au contraire semblé vouloir créer le même équilibre à Bercy. Une façon de répondre aux défis contradictoires de contenir la gauche revendicative menée par Jean-Luc Mélenchon tout en réduisant les déficits. Pendant que l'ex strauss-kahnien Pierre Moscovici, devenu le fer de lance de l'aile social-démocrate, proclamait la « révolution copernicienne » d'une gauche amie des entreprises, le chantre de la « démondialisation » Arnaud Montebourg pouvait ainsi lutter contre les fermetures d'usines et promouvoir le « made in France ».

Florange, Notre-Dame-des-Landes, Dailymotion…

Pour Arnaud Montebourg, le choc est venu du dossier Florange, les hauts-fourneaux lorrains d'ArcelorMittal qu'il a cru pouvoir sauver en les nationalisant, avant d'être contredit publiquement par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ce qui lui a fait envisager de démissionner. Le Premier ministre a depuis reconnu avoir été tancé par Arnaud Montebourg dans un autre dossier, le ministre du Redressement productif critiquant sa détermination à construire le nouvel aéroport de Nantes, la ville dont il était maire. Les dissensions entre Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici sont encore apparues quand le ministre du Redressement productif a critiqué la famille Peugeot ou quand il s'est opposé à la reprise de Dailymotion par Yahoo en disant qu'il avait l'accord du ministre de l'Economie, ce que ce dernier a démenti.

« Moscovici est absent »

Mais les critiques ne s'abattent pas que sur Arnaud Montebourg. « Moscovici est absent. Il n'est pas parvenu à contrer les effets désastreux sur les chefs d'entreprise français et les investisseurs étrangers d'une rhétorique anti-entreprises », explique un financier. « Il ne s'est pas mis suffisamment en avant et n'a pas réussi à incarner l'aile social-démocrate ». Rien ne dit que l'ancien directeur de campagne de François Hollande quittera le ministère de l'Economie à la faveur d'un remaniement. Mais des noms circulent pour le remplacer, dont ceux du ministre du Travail, Michel Sapin, qui visait Bercy, ou ceux de l'ancien président d'EADS Louis Gallois et du directeur général sortant de l'Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy.

Philippe Gril avec Reuters