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Régionales en Paca: ce qu'il faut retenir du débat de l'entre-deux-tours entre Renaud Muselier et Thierry Mariani

Invités à débattre sur BFMTV et BFM DICI ce jeudi matin avant le second tour de dimanche, les deux hommes se sont longuement invectivés avant d'exposer leurs projets respectifs pour la région.

Le rendez-vous s'annonçait décisif en prévision du second tour des élections régionales en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, qui se tiendra ce dimanche. L'actuel président de la région Renaud Muselier et son concurrent du Rassemblement national Thierry Mariani ont débattu durant une heure sur BFMTV et BFM DICI ce jeudi matin, s'affrontant sur leurs projets pour la région, ainsi que sur leurs profonds désaccords politiques.

• La "dérive" de Mariani

Dans un premier temps, Renaud Muselier a pointé la "dérive évidente" de son adversaire depuis ses débuts en politique, alors qu'ils militaient tous deux dans les rangs du RPR.

"Nous avons fait une partie de notre parcours politique ensemble au sein du RPR. Nous étions le rempart contre le FN dans cette région. [...] Depuis, la dérive de monsieur Mariani est évidente, nous nous sommes séparés sur le plan politique, géopolitique, sur le plan de la proximité. Maintenant, c’est un adversaire qui soutient les idées qui ne sont pas les miennes, qui est entouré de personnes qui ne correspondent pas à mon engagement politique, nous sommes face à face de façon déterminée et sans aucune complaisance", assure-t-il.

A cela, Thierry Mariani a rétorqué: "Je n'ai pas changé d'idées, c'est le parti auquel j'ai appartenu qui a changé".

• Les accointances sulfureuses

Par la suite, celui qui a également été député des Bouches-du-Rhône au début des années 2000 a pointé les accointances de Thierry Mariani avec plusieurs dictateurs et personnalités politiques sulfureuses ces dernières années.

"Il est globalement le cheval de Troie des pays de l’Est et de Poutine au Parlement européen. Vous défendez les intérêts des dictateurs du coin. Sur la Crimée, sur l’Ukraine, vous avez toujours eu des positions anti-européennes et anti-françaises. Vous défendez la position de l’Azerbaïdjan sur le génocide des Arméniens", a de nouveau attaqué Renaud Muselier.

Sur un sujet plus d'actualité, l'ancien maire de Valréas a été interrogé sur le cas Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, vivement critiqué pour un texte de loi adopté à Budapest qui réduit la présence des personnes LGBT dans la sphère publique.

"Il pense d'abord à son pays. II a été élu, réélu, ce n’est pas un dictateur. Il a une autre conception de l’Europe d'Ursula von der Leyen, mais n’allez pas m’expliquer que c’est un dictateur", a défendu Thierry Mariani. En ce qui concerne la loi, "très franchement je n’ai pas vu, je sais qu’il est attaqué régulièrement. La dernière fois, c’était pour des lois parait-il discriminatoires, dans le détail il n’y a rien de discriminatoire", conclut-il.

• Mariani critique le rapprochement de Muselier avec Macron

Par la suite, Thierry Mariani a attaqué son adversaire politique sur la composition de sa liste et ses différents soutiens dans le cadre de ce scrutin. Ces dernières semaines, l'annonce par le Premier ministre Jean Castex d'un accord entre Renaud Muselier et la majorité présidentielle pour une liste commune avait fait polémique.

"Après avoir annoncé que vous ne feriez aucune alliance le mercredi, le dimanche Castex annonçait un accord avec vous. Je constate que tous les députés font campagne avec vous", lance-t-il.

A cela, Renaud Muselier répond. "C’est normal que je parle aux responsables politiques, je suis candidat LR j’ai élargi cette majorité régionale et je me retrouve avec une addition de soutien, ce que vous n’avez pas, vous êtes tout seul, toujours tout seul."

• Quiproquo autour des agriculteurs

Au cours du débat, le président actuel Renaud Muselier a assuré que les agriculteurs de la région lui avaient accordé leur soutien pour ce scrutin. Des propos qui ont été démentis auprès de BFMTV quelques minutes plus tard par les différents syndicats de la profession.

"Non, pas de soutien officiel pour Renaud Muselier, nous l'avons rencontré, mais pas de soutien officiel", souligne la FRSEA, Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricoles.

"Non, on ne s'est pas positionnés, on soutiendra la personne qui fait le plus pour l'agriculture, les deux candidats veulent augmenter le budget de l'agriculture. On n'appelle à voter ni pour l'un , ni pour l'autre", assure de son côté un représentant des JeunesAgriculteurs 13.

Lors du débat, Thierry Mariani a souligné à plusieurs reprises que ce soutien des agriculteurs n'était pas une réalité.

• Le tacle à Christian Estrosi

Alors que les deux hommes s'écharpaient sur les accointances sulfureuses de Thierry Mariani, ce dernier a lancé une pique a son adversaire du jour. "Vous ressemblez de plus en plus à Christian Estrosi. Franchement, il est capable d’affirmer n'importe quoi avec un aplomb extraordinaire soyons sérieux deux minutes", a-t-il dit.

A cela, Renaud Muselier a répondu qu'il souhaitait "défendre mon ami Christian Estrosi qui est le maire de Nice, président de cette métropole, et qui est un homme très bien. Heureusement qu’il me soutient, et j’en suis fier", a-t-il dit, soulignant une nouvelle fois qu'au fil de sa campagne, il avait "additionné les compétences."

• Le Covid bien géré dans la région?

En ce qui concerne le volet sanitaire, les deux hommes ont semblé d'accord sur un point, le seul lors de ce débat: l'épidémie à été bien gérée à l'échelle de la région.

"Sur la crise du Covid je pense que ça a été correctement géré. L’ensemble des régions ont correctement repondu aux lacunes de l’Etat, mais les régions ont été beaucoup plus souples, cette région comme les autres, ni plus ni moins", a estimé Thierry Mariani.

A cela, Renaud Muselier a répliqué: "Hier c’était pas terrible, maintenant c’est ni plus ni moins."

• Critique de l'entourage de Mariani

Renaud Muselier a tancé la personnalité de Philippe Vardon, directeur de campagne de Thierry Mariani, qu'il a qualifié de "pire du Front national".

"Oui, il a fait des conneries quand il était jeune, il l'a dit et il le regrette", a opposé Thierry Mariani concernant le cofondateur du Bloc identitaire.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV