BFMTV

Rachida Dati entend avoir "un rôle à jouer" en 2022

Rachida Dati

Rachida Dati - JOEL SAGET / AFP

Dans une interview accordée au Parisien, l'ex-candidate LR à la mairie de Paris explique avoir "une vision" qui dépasse le seul périmètre de la capitale.

Elle aussi entend peser. Sur l'élection présidentielle de 2022, s'entend. Dans un long entretien publié ce mercredi dans les colonnes du Parisien, l'ex-candidate Les Républicains à la mairie de Paris, Rachida Dati, évoque ses ambitions pour les deux années à venir. En particulier au sein de sa famille politique, en quête d'un candidat suffisamment rassembleur pour pouvoir défier Emmanuel Macron.

Sans préciser lequel, l'ancienne garde des Sceaux déclare avoir "un rôle à jouer" dans cette perspective:

"J'aime l'engagement politique, et quand les actions portent. J'ai une envie, une vision. Sinon je ne l'aurais pas incarnée à Paris, et dans ma vision il y a beaucoup de sujets qui dépassent Paris. J'ai des projets."

Le 3 juillet sur notre antenne déjà, l'intéressée indiquait que sa "voix" allait "être entendue pour la présidentielle, comme pour les régionales".

Candidature en 2022?

Si les contours de ses projets demeurent sibyllins, l'ambition personnelle l'est moins. Soutien de Nicolas Sarkozy lors de la primaire de 2016, Rachida Dati s'est tenue à l'écart du processus de reconstruction de LR le temps de sa campagne parisienne. Cette étape achevée, l'intéressée semble vouloir désormais se bâtir une stature nationale. Lorsqu'on lui demande si elle entend être candidate dans le cadre d'une éventuelle primaire LR, elle botte en touche.

"Ce sera à ma famille politique de choisir un candidat. Il n'y a pas d'homme ou de femme providentielle."

Autrement dit, aucun des candidats putatifs actuels de la droite - François Baroin, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou même Bruno Retailleau - ne pourrait se prévaloir d'une quelconque évidence. Ce qui, si l'on s'en tient aux plus récents sondages, est vrai: l'enquête Ifop-Fiducial publiée le 22 juin créditait aussi bien François Baroin que Xavier Bertrand de 12% d'intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle. Loin derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen, dont l'étiage se situe entre 26 et 28%.

"Une dynamique de projet"

Même si l'échéance est lointaine, ces écarts sont cruels pour LR, dont la moisson aux dernières municipales lui ont fourni un peu d'oxygène. Mais pour combien de temps? Qu'importe aux yeux de Rachida Dati qui, semble-t-il, a d'autres visées:

"La politique, c'est une dynamique de projet, une volonté. Comme toutes les personnes soucieuses de mon pays, je participerai à cet engagement majeur."

Reste à déterminer s'il s'agira, en bout de course, d'un projet personnel ou d'une offre de services en vue d'un potentiel "ticket" avec un autre candidat. À droite pour l'heure, personne ne s'impose, François Baroin se fait attendre au point de décourager certains soutiens, et l'hypothèse d'une nouvelle primaire, au vu de la douloureuse expérience de 2017, ne fait pas l'unanimité. Dans ce contexte, les interstices à saisir sont nombreux.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV