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Qui pour occuper la présidence du Sénat?

Didier Guillaume, Nathalie Goulet, Philippe  Marini, Gérard Larcher et Jean-Pierre Raffarin, l es cinq candidats à la présidence du Sénat.

Didier Guillaume, Nathalie Goulet, Philippe Marini, Gérard Larcher et Jean-Pierre Raffarin, l es cinq candidats à la présidence du Sénat. - Eric Feferberg ; François Guillot – AFP ; Lafayettepolitico – Flickr – CC ; montage BFMTV

Dimanche, le Sénat pourrait basculer à droite. A l'UMP, Jean-Pierre Raffarin, Gérard Larcher et Philippe Marini sont candidats à la présidence de la Haute assemblée. Qui prendra le "plateau" le 1er octobre prochain?

On ne les connaît pas toujours, et pourtant l'un d'entre eux pourrait devenir bientôt le numéro 2 de l'Etat. L'élection du président par les sénateurs aura lieu le 1er octobre, après les élections sénatoriales. Tour d'horizon des cinq candidats déclarés.

> Jean-Pierre Raffarin

Son point fort: Ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin a toujours valorisé son ancrage local en Poitou-Charentes. Comme ses rivaux, il a fait du combat contre la réforme territoriale l'un de ses chevaux de bataille. Au sein de l'UMP, il cultive une image de réconciliateur au sein d'un parti déchiré par la guerre des chefs.

Son point faible: Donné favori contre Gérard Larcher en 2008, il s'était pourtant incliné face à son rival lors de la primaire interne visant à désigner le candidat au "plateau". Le renouvellement des élus fera-t-il pencher la balance?

Ses soutiens: si l'on ne connaît pas tous les soutiens de Jean-Pierre Raffarin, il bénéficie d'un appui de taille: selon Le Parisien, il aurait passé un accord avec Nicolas Sarkozy. Il appuie son retour, et en échange l'ancien Président décroche son téléphone pour convaincre les sénateurs de l'UMP de voter pour lui.

La phrase: "L'avenir du Sénat passe par un rapport de force républicain avec le président de la République".

> Gérard Larcher

Son point fort: ancien ministre de Jacques Chirac, c'est un grand connaisseur du Sénat qui présente à nouveau sa candidature. En 2007, il avait gagné la primaire interne face à Jean-Pierre Raffarin, puis il avait présidé la haute chambre de 2008 à 2011.

Son point faible: Alors que son rival Jean-Pierre Raffarin s'affichait en grand réconciliateur de l'UMP, Gérard Larcher avait lui pris position pour François Fillon dans la guerre des chefs en 2012. Une décision qui pourrait le désavantager aujourd'hui.

Ses soutiens: Pour l'instant, nombreux sont les sénateurs qui bottent en touche lorsqu'on leur demande qui ils soutiennent. Gérard Longuet, Bruno Retilleau… Tous affirment que le combat est "ouvert". Mais Gérard Larcher a su tisser un réseau au Sénat qui s'étend même au-delà de son camp. Et qui pourrait lui servir au moment venu.

La phrase: Là où Jean-Pierre Raffarin cherche le "rapport de force", Gérard Larcher lui préfère "l'indépendance" du Sénat. Il le considère comme un "contre-pilier institutionnel représentant l'opposition face à l'exécutif et à sa majorité à l'Assemblée nationale".

> Philippe Marini

Son point fort: Sa présidence de la Commission des finances du Sénat apporte à cet élu UMP une légitimité et un réseau au sein de la haute assemblée.

Son point faible: Contrairement à ses deux rivaux, il n'a jamais été ministre. En 2008, il a échoué lors de l'élection interne à l'UMP.

Ses soutiens: Là encore, peu de sénateurs s'expriment publiquement. Mais les chances de Philippe Marini semblent faibles face à ses concurrents. "Il n'a aucune chance", commente un sénateur UMP. "Cela se joue entre Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher", ajoute-t-il.

La phrase: "Il faut faire sortir le Sénat de ses murs." Philippe Marini souhaite organiser chaque mois un déplacement dans deux départements issus des travaux du Sénat.

> Didier Guillaume

Son point fort: En tant que président du groupe socialiste au Sénat, il est connu de ses pairs, et se présente volontiers comme le successeur du très respecté Jean-Pierre Bel, actuel président qui a décidé d'arrêter la politique.

Son point faible: Malgré l'impopularité croissante du gouvernement, Didier Guillaume y croit et affirme vouloir "rassembler la gauche". Une tâche loin d'être aisée: car si la majorité à l'Assemblée nationale s'effrite, celle du Sénat s'est même déjà fermement opposée à des projets du gouvernement. Les sénateurs communistes et écologistes seront les plus difficiles à convaincre, notamment depuis le départ des ministres EELV du gouvernement.

Ses soutiens: Officiellement l'ensemble du PS, puisqu'il en est le seul candidat. Mais en off, les poids lourds du Sénat admettent que "le climat n'est pas bon".

La phrase: "La victoire est à notre portée" : Didier Guillaume y croit et n'exclut pas une victoire de la gauche.

> Nathalie Goulet

Son point fort: Avec 400 interventions en sept ans, la sénatrice rattachée à l'UDI est considérée comme l'une des sénatrices les plus actives du Sénat en séance publique. Elle est aussi la seule femme candidate à la présidence, et est parmi les plus jeunes (56 ans).

Son point faible: Elle est peu connue du grand public. Par ailleurs, en voulant rendre "plus efficace" le travail des sénateurs, elle risque de les froisser.

Ses soutiens: Sur son site, la candidate se targue d'avoir reçu le soutien de Jean-Louis Borloo.

La phrase: Elle fait campagne sur le renouvellement des pratiques au Sénat, en s'attaquant notamment aux "groupes d'amitié" et aux avantages qui en découlent.

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV