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Prix d'une baguette ou d'un ticket de métro: quand les politiques sèchent

Le prix d'un ticket de métro, d'une baguette de pain ou d'un pain au chocolat: le prix des courses du quotidien reste souvent un mystère pour les politiques.

L'un des "pièges" les plus communs pour les politiques? Le prix des choses du quotidien. Jean-François Copé, lundi matin sur Europe 1, a séché sur le prix des pains au chocolat. Mais avant lui d'autres politiques avaient pataugé sur le panier de courses. Florilège.

> Copé et les pains au chocolat

Dernier rabais en date, le fameux pain au chocolat cher à Jean-François Copé. Le candidat à la primaire de droite interrogé lundi matin par Europe 1, l'évalue à 10 ou 15 centimes d'euros. En réalité, c'est au moins dix fois plus en boulangerie.

A moins que Jean-François Copé n'ait voulu parler de pains au chocolat industriels, comme le suggère non sans ironie certains twittos.

Après cette mini-bourde, Jean-François Copé rétorque avec une certaine distanciation en arguant que "soucieux de sa ligne", il "a arrêté les chocolatines". On remarquera la malice qui consiste à ne pas employer le terme de "pain au chocolat".

> Quand Mitterrand demandait à Valéry Giscard d'Estaing le prix d'une baguette

Le coup d'envoi de ces "questions pratiques" avait été donné rappelle Marianne, lors d'un débat de la campagne présidentielle de 1981. Les contradicteurs se connaissaient bien puisqu'il s'agit de Valéry Giscard d'Estaing, le président sortant et son challenger, François Mitterrand. Pour le déstabiliser, le socialiste demande à VGE le prix de la baguette de pain.

> Le prix de la baguette de Lionel Jospin

Le prix du pain, resté pendant des siècles l'aliment de base des Français est toujours très symbolique. On se souviendra d'un matin de 2002, juste après le passage à l'euro, quand Lionel Jospin s'emmêlait les pinceaux entre le prix d'un pain de seigle en francs et en euros. C'est ainsi qu'il tendait 7 euros pour payer ce qui valait avant 7 francs.

> El Khomri et les CDD

On se souviendra également du renouvellement des CDD qui avait fait trébucher Myriam El Khomri, fraîchement nommée au ministère du Travail, dans l'émission Bourdin direct, en novembre 2015.

Jean-Jacques Bourdin avait alors interrogé la ministre du travail en ces termes: "D'ailleurs, on peut le renouveler combien de fois, le CDD?" Myriam El Khomri n'avait pas semblé très sûre d'elle. Elle avait répondu "trois fois", puis "plusieurs fois", devant l'insistance du journaliste. "Depuis le mois d'août, un CDD peut être renouvelé deux fois, c'est une mesure de votre gouvernement", assénait alors Jean-Jacques Bourdin. 

> NKM et le ticket de métro

Dans le même style, en février 2012, Nathalie Kosciusko-Morizet alors ministre des Transports, évaluait le ticket de métro à 4 euros. Il coûtait déjà 1,70 euros. Pour sa défense, la ministre avait indiqué dans son "mea culpa", que de par sa fonction elle avait "le métro gratuit". "Ça fait bien longtemps que je n'ai pas acheté un ticket de métro", avait-elle expliqué.

> Quand Le Foll retourne la question à son intervieweur

S'il est un journaliste qui s'est fait une spécialité de ces questions en rapport avec le quotidien, c'est bien Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC. Alors qu'il demandait en janvier 2013 à Stéphane Le Foll comment se faisait-il que le RSA augmente plus que le SMIC, le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement rétorquait: "Le SMIC aujourd'hui c'est 1.200 euros net. Le RSA, c'est combien Monsieur Bourdin?" Notons que le journaliste n'était pas loin de la bonne réponse puisqu'il avait répondu 500 euros, contre 475 en réalité.

David Namias