BFMTV

Présidentielle: choisir son slogan, un exercice dépassé en 2017?

Manuel Valls a choisi un nouveau slogan pour sa campagne, le précédent ayant été jugé trop long et trop compliqué. Pour les candidats, choisir les quelques mots qui les représenteront n'est jamais tâche facile, si bien que certains préfèrent s'en passer, ou presque.

Quelques mots peuvent-ils tout changer? Comme pour une bonne publicité, un candidat à la présidentielle doit choisir un bon slogan, pour porter sa campagne. Concis, clair, et si possible percutant, il doit correspondre au politique qui l'incarne, et ne pas sonner faux, pour, si ce n'est faire gagner son candidat, du moins marquer les esprits et les mémoires.

Manuel Valls l'a bien compris, et a décidé d'abandonner son 1er slogan un mois après son entrée en campagne. "Faire gagner tout ce qui nous rassemble", jugé trop long et trop complexe, a donc été troqué contre "Une république forte, une France juste". Un choix qui portera peut-être ses fruits. Comme le souligne RTL, c'est le candidat lui-même qui l'a choisi, avec les conseils d'un publicitaire, Nicolas Bordas, qui était déjà derrière un slogan resté célèbre: "Le changement, c'est maintenant", du candidat François Hollande en 2012.

Pour Patrick Kanner, ministre de la Ville et soutien de Manuel Valls, son nouveau choix est en tout cas le bon, puisqu'il évoque "un besoin de rigueur, d'autorité, et en même temps ne pas casser notre modèle social", explique-t-il sur BFMTV. Le changement est doublement stratégique car la campagne du candidat semble avoir du mal à démarrer.

De Manuel Valls à Ségolène Royal

Mais derrière la consonance ou le sens des mots choisis, les slogans peuvent renvoyer à d'autres, que cet écho soit un choix assumé, ou qu'il existe au dépend du candidat. La "République forte" et la "France juste" de Manuel Valls renvoient ainsi, comme le pointe Le Lab, à celui de Ségolène Royal en 2007: "Plus juste, la France sera plus forte", promettaient alors les affiches de la candidate, alors qu'à l'époque, Manuel Valls faisait partie de son équipe de campagne.

Et puisqu'en politique, chaque terme compte, ce slogan évoque aussi la "France forte" de Nicolas Sarkozy, et de Valéry Giscard-d'Estaing avant lui. Un choix qui n'avait porté bonheur ni à l'un, ni à l'autre. Un terme réapparu aussi dans l'actuelle campagne de François Fillon, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy.

L'absence de slogan devient un slogan

Lui choisit de se démarquer grâce à une absence de slogan officiel. "Je veux être le candidat d'une France forte", a-t-il quand même souligné mardi soir sur TF1, après avoir déclaré: "Je ne veux pas de slogan. Je veux être le candidat de la vérité, d’abord."

A gauche, Vincent Peillon, le candidat à la primaire, a fait le même choix. "Je ne veux pas de slogan, les commentateurs passent leur temps à les analyser. Je veux que l'on parle de mon projet pour la France", a-t-il déclaré sur Twitter.

Au-delà de cette nouvelle tendance, un slogan peut rester un moyen pour un candidat de se démarquer, comme ce fut le cas pour la "Force tranquille" de François Mitterrand, qui était aussi l'oeuvre d'un publicitaire:

"Ce sont les mots qui le définissaient, dès le lendemain matin, quand je suis allée lui amener le slogan, il m’a dit 'vous m’avez reconnu'", se souvient Jacques Séguéla, interrogé sur BFMTV.

Charlie Vandekerkhove