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Pour Valls la déchéance de nationalité est une mesure symbolique

Manuel Valls

Manuel Valls - AFP

Manuel Valls a qualifié vendredi de "mesure symbolique" le projet, très contesté à gauche, d'inscrire dans la constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux nés Français convaincus de terrorisme.

"Je rappelle qu'il y a déjà eu un certain nombre de déchéances de nationalités pour les Français binationaux qui ne sont pas nés en France et qui peuvent ainsi être expulsés", a déclaré le Premier ministre sur France Inter. "Le président de la République ou moi-même n'avons jamais dit que c'était l'arme absolue pour lutter contre le terrorisme", a assuré Manuel Valls à propos de cette mesure annoncée par le président François Hollande trois jours après les attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

Davantage de mesures antiterrorisme

"Nous préparons aussi des dispositifs avec Christiane Taubira pour donner plus de pouvoir au parquet antiterroriste et au juge antiterroriste", a-t-il poursuivi. "Oui, c'est une mesure symbolique". Mais "quand des Français prennent les armes contre d'autres Français, prônant la haine de la France, brûlant d'ailleurs le passeport, reniant tout ce que nous sommes, l'Etat, la République peuvent être amenés à prendre un certain nombre de mesures, qui sont à la fois symboliques et concrètes", a développé le Premier ministre.

"Le texte est aujourd'hui (vendredi) pour examen au Conseil d'Etat et en fonction de l'avis du Conseil d'Etat, nous serons amenés à prendre un certain nombre de décisions", a-t-il rappelé. Il a ensuite évoqué les "dispositifs" en cours de préparation "mais qui ne seront pas d'ordre constitutionnel" pour "ceux, en effet, qui veulent revenir en France".

Expulser de potentiels terroristes hors des frontières

"Il faut utiliser tous les moyens qui sont à notre disposition, sous le contrôle du parlement", a-t-il estimé, interrogé sur l'opportunité d'expulser des personnes convaincues de terrorisme plutôt que de les garder en détention en France. Cette mesure a-t-elle été choisie pour plaire à la droite ?

"Je ne le crois pas, je regarde aussi ce qu'en pensent mes compatriotes, quel que soit leur vote, leur pensée politique", a répondu le Premier ministre. "Que la question soit posée, quand des Français qui tuent d'autres Français, qui s'en prennent à leurs propres compatriotes, décident ces actes terroristes odieux au nom d'une idéologie totalitaire, que la question de la déchéance de nationalité se pose, moi ça me paraît tout à fait légitime", a-t-il conclu.

A.-F.L. avec AFP