BFMTV

Quel rapport de force au Parti socialiste?

Jean-Christophe Cambadélis et Martine Aubry en conférence de presse à Lille le 23 janvier 2015.

Jean-Christophe Cambadélis et Martine Aubry en conférence de presse à Lille le 23 janvier 2015. - Denis Charlet - AFP

Le PS se réunit samedi après-midi pour enregistrer les motions concurrentes au congrès de Poitiers, en juin. Quatre textes devraient être entérinés.

Après l'accord trouvé vendredi entre Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis sur un texte commun, le conseil national du Parti socialiste qui se réunit samedi va entériner au moins quatre motions concurrentes pour le congrès du parti à Poitiers en juin.

Sauf surprise de dernière minute, quatre textes d'orientation politique vont être enregistrés samedi après-midi par le parlement du PS réuni dans une salle de l'Assemblée nationale.

> La motion Cambadélis, soutenue par Aubry et Hollande

Le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, premier signataire de la motion "à vocation majoritaire" soutenue par le gouvernement - au premier titre par Manuel Valls qui la signera - a réussi à trouver un accord avec Martine Aubry, qui l'a annoncé vendredi soir après avoir fait durer le suspense plusieurs jours. "Il s'agit d'une motion préparée en commun, personne ne s'est rallié à l'autre", a-t-elle estimé, souhaitant "la réussite du quinquennat".

Figurent dans la motion selon elle des "points d'accord", comme "la sécurité sociale professionnelle" qui lui est chère, la relance de l'investissement, la réforme fiscale, avec une péréquation entre régions pauvres et riches, et les "droits des salariés". Une manière d'avoir des gages supplémentaires après les annonces de Manuel Valls, qui a présenté mercredi des mesures pour raviver l'investissement privé et pour mettre en place le compte personnel d'activité en 2017.

La motion comportera aussi la proposition d'une "nouvelle alliance populaire" avec d'autres formations de gauche, "avec tous ceux qui seront d'accord sur une orientation de réformes de notre pays dans la justice", selon Jean-Christophe Cambadélis qui entend "dépasser l'alliance classique de la gauche plurielle, une alliance d'appareils". "Aller vers une fédération, pour être un pôle de rassemblement attractif" en vue des régionales et de la présidentielle, traduit un hollandais.

> La motion des frondeurs

Autre texte qui était encore peaufiné dans la nuit de vendredi à samedi: celui commun aux deux courants de l'aile gauche et aux "frondeurs" de Vive la gauche, emmené par le député de la Nièvre Christian Paul, ancien proche de Martine Aubry.

Cette motion demandera des "inflexions fortes pour essayer de sauver le quinquennat", avec des mesures à court terme pour "les plus défavorisés, sur le logement, l'équilibre territorial", selon l'eurodéputé Guillaume Balas, proche de Benoît Hamon. Le texte veut aussi en finir avec "la stricte allégeance" du parti au gouvernement.

> La motion des "non-alignés"

Troisième texte: la motion "La Fabrique", dont est première signataire la députée des Hautes-Alpes Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l'Economie. Ce texte des "non-alignés"refuse l'affrontement entre "blocs". Une motion "militante", déposée par une secrétaire nationale, Florence Augier, était aussi annoncée.

> Et les "Réformateurs"?

Jusqu'au dernier moment, le pôle des "Réformateurs" (aile droite) autour du maire de Lyon Gérard Collomb, qui plaide notamment pour l'assouplissement du marché du travail et la formation professionnelle, a laissé planer le doute. il s'étonnait de ce que la motion de Jean-Christophe Cambadélis soit "contraire, sur certains points, à la politique du gouvernement". "J'espère que samedi on aura rectifié", a déclaré Gérard Collomb, sinon "nous avons des textes écrits qui peuvent servir à une motion", a-t-il dit vendredi.

Samedi, fin du suspense: le maire de Lyon a finalement annoncé le ralliement à la motion de Jean-Christophe Cambadélis. "Je pense que nous avons trouvé une écriture qui montre que nous voulons continuer dans la même direction", a-t-il déclaré.

Ces "motions" seront soumises aux militants socialistes le 21 mai. Le 28 mai, ils devront départager les deux motions arrivées en tête le 21 mai et le premier signataire de la motion majoritaire sera le premier secrétaire. Le congrès entérinera ces votes les 5, 6 et 7 juin à Poitiers.

A. K. avec AFP