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Congrès PS: Aubry soutient Cambadélis du bout des lèvres 

Martine Aubry, le 9 mars 2015 à Lille

Martine Aubry, le 9 mars 2015 à Lille - Philippe Huguen - AFP

Martine Aubry s'exprimait ce vendredi soir en conférence de presse. Elle a expliqué avoir "signé un texte commun" avec Jean-Christophe Cambadélis, mais nié avoir "rallié sa motion".

La maire de Lille, Martine Aubry, aura entretenu le suspense jusqu'au bout sur sa position avant le congrès du Parti socialiste de juin. Elle a finalement annoncé ce vendredi, qu'"une motion commune que nous avons conçue ensemble" sera cosignée avec Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti socialiste. Martine Aubry est finalement rentrée dans le rang mais elle a refusé d'admettre son ralliement à la motion majoritaire, préférant parler de travail "ensemble". 

Pourtant, sa décision n'est pas une grosse surprise, le camp du patron du PS s'étant montré confiant ces derniers jours.

Martine Aubry officialise son soutien à la motion de Jean-Christophe Cambadélis #CongresPS
— Adrien Gindre (@agindre) 10 Avril 2015

"Je préfère être dedans pour me battre à l'intérieur", a-t-elle justifié lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale, à quelques heures de l'heure limite pour le dépôt des motions. "J'ai envie que la gauche gagne, j'ai envie que François Hollande gagne", a-t-elle commenté.

"Nous avons travaillé pied" sur "un texte dans lequel nous trouvons un accord sur le fond", mais "on n'a pas rallié Jean-Christophe Cambadélis, nous n'avons pas signé la motion qu'il a proposée, de même que Jean-Christophe Cambadélis ne nous a pas ralliés", a tenu à préciser Martine Aubry, "nous avons travaillé ensemble". "Il s'agit d'une motion préparée en commun, personne ne s'est rallié à l'autre, personne n'est passé sous le lit", a-t-elle encore insisté. "Le fond a primé et nous avons réussi à nous rassembler sur quelque chose qui répond surtout à l'attente des Français".

Un "texte commun"

"Nous avons mis sur la table des points importants, il a fait la même chose et nous avons débattu sur chacun de ces points pour finalement avoir un texte commun", a expliqué Martine Aubry.

Parmi les points d'accord, l'ancienne ministre du Travail a cité la relance de l'investissement privé et public et "la sécurité sociale professionnelle" qui est "une réforme fondamentale". "On est dans la vraie modernité", et cela permettra à chacun d'avoir "une sorte de carte vitale professionnelle", a-t-elle dit. Elle a également cité la réforme fiscale, avec une péréquation entre régions pauvres et riches, et les "droits des salariés", en se félicitant des assurances données par le gouvernement sur le maintien du CDI et du CDD. 

Le texte de Jean-Christophe Cambadélis présenté devant ses soutiens samedi matin, sera soutenu par le gouvernement, avec la signature de Manuel Valls selon plusieurs sources.

Quand les "réformateurs" s'en mêlent

La mauvaise humeur était toutefois palpable chez les "réformateurs", l'aile droite du PS, après l'annonce de la "motion commune" Aubry-Cambadélis.

Le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, a estimé que le texte du premier secrétaire nécessitait des "corrections" car il était "contraire sur des points à la politique du gouvernement". Il s'est inquiété notamment d'une "remise en cause du CICE" et d'un "encadrement généralisé des loyers".

Trois autres motions en lice

Interrogé sur le risque que certains de ses partisans rejoignent la motion de gauche conduite par Christian Paul, qui était précédemment un de ses soutiens, elle a répondu que "les gens qui prennent cette option se comptent sur les doigts d'une demi-main". Mais a-t-elle assuré, "je respecte les choix qui ont été faits, je ne fais aucune critique".

Refusant une logique d'affrontements entre une "motion Cambadélis" et une "motion aile gauche", la secrétaire nationale du PS à l'Economie, Karine Berger, déposera sa propre motion, "La Fabrique", dite des "non-alignés". Elle sera, comme celle des "frondeurs" aussi présentée samedi matin. 

Une motion "militante", déposée par une secrétaire nationale, Florence Augier, est attendue.

Ces "motions" seront enregistrées samedi après-midi par le Conseil national ou "parlement" du parti avant d'être soumises aux militants socialistes le 21 mai. Le 28 mai, ils devront départager les deux motions arrivées en tête le 21 mai et le premier signataire de la motion majoritaire sera le premier secrétaire. Le congrès entérinera les votes les 5, 6 et 7 juin à Poitiers.

A.D. avec AFP