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Collège: Dray juge qu'"il faut reprendre" la réforme du collège de Vallaud-Belkacem

Julien Dray, en septembre 2009.

Julien Dray, en septembre 2009. - Lionel Bonaventure - AFP

Le vice-président PS du Conseil régional d'Île-de-France estime que le projet de réforme du collège de Najat Vallaud-Belkacem doit être "repris". "Le latin et le grec ne sont pas des matières périmées", attaque-t-il notamment.

Critiquée y compris au PS. Le vice-président socialiste du Conseil régional d'Île-de-France Julien Dray a estimé mercredi sur RTL qu'il fallait "reprendre" la réforme du collège que la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem prévoit de faire appliquer à la rentrée 2016.

"Je pense qu’il faut la reprendre", a dit tout net Julien Dray, interrogé par Jean-Michel Aphatie sur ce projet de réforme du collège. "Je ne suis pas là pour faire plaisir aux uns et aux autres, je suis là pour vous dire ce que je pense. Et puis sur le domaine de l’éducation, je pense que, au moins sur ce secteur là, j’ai quelques compétences".

"Le projet éducatif de la gauche est une question essentielle"

"Je pense par exemple que le latin et le grec ne sont pas des matières périmées", a détaillé l'élu de l'Essonne.

"Je pense que l’enseignement chronologique de l’Histoire doit être maintenu. Et je pense aussi qu’il faut ouvrir l’éducation à de nouvelles disciplines notamment ce qui est l’éducation artistique, sportive. Parce que dans les quartiers où il y a des difficultés, c’est un élément essentiel qui change le rapport à l’école", a-t-il ajouté.

"Donc je crois que la question du projet éducatif de la gauche est une question essentielle", a encore lancé Julien Dray. "Parce que dans le retour de la compétitivité de la France, son système de formation est en cause. Système de formation de base, système universitaire, système de recherche."

"Cela veut dire qu’il faut en finir avec l’échec scolaire et que la novlangue technocratique qui entoure cette réforme doit être abandonnée au profit de concepts simples", a-t-il poursuivi. "C’est un vrai débat (...). Moi je suis pour qu’on enseigne moins mais mieux."

Inquiétude chez les profs

Le projet de réforme du collège pour 2016 a passé début avril un premier cap, recevant l'avis favorable du Conseil supérieur de l'éducation (CSE), une instance consultative. Il prévoit d'avancer d'un an, en 5e, l'apprentissage de la deuxième langue vivante. Parallèlement, sont supprimées la plupart des classes bilangues (deux langues dès la 6e) et les sections européennes.

Les langues anciennes, latin et grec, ne seront plus une option, perspective qui fait craindre leur disparition à des associations d'enseignants. Elles seront enseignées via un Enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) Langues et cultures de l'Antiquité et un "enseignement de complément". Ces langues "ne perdront pas d'heure", a toutefois assuré la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem.

Violette Robinet avec AFP