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Mariage homo : il y a 15 ans, le Pacs déchirait l'Assemblée

Christine Boutin, très remontée dans l'hémicycle en décembre 1998

Christine Boutin, très remontée dans l'hémicycle en décembre 1998 - -

Après la rue, c’est au Parlement d'entrer en action : le texte sur le mariage pour tous est examiné mardi à l’Assemblée nationale, et les débats promettent d’être houleux. Comme il y a quinze ans, lorsque l'hémicycle se déchirait sur le Pacs. Souvenir de séances.

C'était il y a quinze ans. Le débat sur le Pacs, premier pas vers une union civile pour les couples de même sexe, déchirait l'Assemblée nationale... Et préfigurait les débats qui débutent mardi sur le mariage entre couples homosexuels. L'opposition de droite a déjà promis une armada d'amendements pour retarder le plus possible le vote, et tenter d'avoir le gouvernement à l'usure.

A l'époque, c'était la députée UDF Christine Boutin, figure de proue des anti-Pacs, qui faisait traîner les débats en longueur. Avec un discours fleuve de 5h30 à la tribune de l'Assemblée, elle avait exaspéré les rangs socialistes. D'autant qu'elle dépeignait alors "l'homosexualité" comme "la difficulté par nature d'atteindre l'autre dans sa différence".

"Le retour de la barbarie"

En décembre 1998, dans ce même hémicycle, le Premier ministre Lionel Jospin lui répondait sans la nommer, lançant aux rangs de la droite : "Ce qui a créé des problèmes, c'est d'avoir choisi comme rapportrice une députée marginale sur ces questions et outrancière dans ses propos". Christine Boutin, en larmes, craquait.

En pleine cohabitation, la droite se déchaînait contre le projet de loi socialistes et plus de 2.000 amendements avaient été déposés.

La violence du débat avait atteint des sommets avec le discours du député vendéen Philippe de Villiers, qui compare le Pacs au "retour de la barbarie".

Bachelot contre son camp

Seule contre son camp à droite, la député Roselyne Bachelot, des trémolos dans la voix, était venue défendre à la tribune "un projet ou chacun et chacune d'entre nous pourra se retrouver".

Au final, il faudra un an d'une véritable guérilla parlementaire pour que la loi soit finalement promulguée au Journal officiel, le 15 novembre 1999. Pour le mariage pour tous, la bataille ne fait que commencer.

Grégoire Sauvage