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Amnistie sociale: la majorité divisée après le rejet par la commission des lois

Pour Pierre Laurent, le rétropédalage du gouvernement sur l'amnistie sociale confirme avant tout sa rupture avec le monde du travail.

Pour Pierre Laurent, le rétropédalage du gouvernement sur l'amnistie sociale confirme avant tout sa rupture avec le monde du travail. - -

La commission des lois de l’Assemblée a rejeté la proposition de loi communiste sur l’amnistie sociale. Une véritable douche froide pour l'aile gauche de la majorité alors que le texte avait été adopté au Sénat.

Le torchon brûle entre le PS et le Front de Gauche, qui comprend les communistes. En cause, le rejet par le gouvernement de l'amnistie de délits commis lors de manifestations syndicales.

Le gouvernement dit "non", Taubira dit "oui"

"La position du gouvernement sera non, nous ne sommes pas favorables à cette amnistie, ni à aucune autre", a tranché mercredi le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies. La proposition de loi communiste prévoyant cette amnistie "ne va pas dans le bon sens" ajoutait le patron des députés PS, Bruno Le Roux. Dans la foulée, ce texte était rejeté en commission des lois de l'Assemblée.

Le texte avait pourtant été voté par l'ensemble de la gauche au Sénat le 27 février, le PS en ayant considérablement limité la portée en l'amendant. Au sein du gouvernement, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, avait soutenu la proposition en déclarant "qu'il s'agit, ici, de faire œuvre de justice" tout en s'en remettant "à la sagesse du Sénat".

Un "coup de poignard" pour le Front de Gauche

C'est "un coup de poignard" a dénoncé mercredi le Parti de gauche, qui s'était fortement mobilisé en faveur du texte. Pour Pierre Laurent, secrétaire du Parti communiste, le rétropédalage du gouvernement confirme avant tout sa rupture avec le monde du travail. Le son de cloche est le même du côté d'Eliane Assassi, la présidente du groupe communiste du Sénat (CRC), pour qui il s'agit d'une "une rupture du gouvernement avec le monde du travail et le peuple de gauche".

"Les formations de gauche doivent se rencontrer maintenant, il faut une rencontre entre la direction du PS et celle du PCF. Le parti socialiste doit nous dire dans quel chemin il veut s'engager maintenant", a-t-elle ajouté. "Ce que retiennent les gens c'est que ce gouvernement n'est pas celui pour lequel ils ont voté", a-t-elle conclu.

Les parlementaires écologistes semblent également de plus en plus mal à l'aise. Ils ont voté pour l'amnistie sociale, les faucheurs d'OGM étant notamment concernés. Le patron des sénateurs EELV, Jean-Vincent Placé est particulièrement monté au créneau contre les conditions du débat parlementaire.

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