BFMTV

À l'Assemblée, le renouvellement des postes-clés du groupe LaREM échauffe les esprits

-

- - -

Si les candidatures à la succession de Gilles Le Gendre à la présidence du groupe sont déjà connues, d'autres ambitionnent d'obtenir les deux sièges disponibles à la (prestigieuse) vice-présidence du palais Bourbon.

C'est l'histoire d'un mouvement qui s'est lesté d'une promesse, celle de renouveler ses instances parlementaires à mi-mandat. Une promesse qui a pour résultat, alors que le calendrier de l'été est saturé, d'aiguiser les appétits de certains députés La République en marche, tentés de retirer leur chapeau à plume aux responsables actuellement en place. 

Il y a d'abord la présidence du groupe, détenue par le député de Paris Gilles Le Gendre. De nombreux élus lui reprochent son parisianisme et, plus unanimement encore, sa communication parfois hasardeuse. Problème, l'intéressé est candidat à sa propre succession et, dans cette équipe LaREM en besoin de stabilité pour tenir l'agenda des réformes à débattre, il sera difficile de le déboulonner. Par ailleurs il s'agira d'éviter, en cette période cruciale de remontée de pente, le psychodrame de la dernière élection interne.

Le problème Le Gendre

Il y a quelques jours, Libération révélait les noms des prétendants au poste. François Jolivet (Indre), Jean-Baptiste Moreau (Creuse), Florent Boudié (Gironde) et Roland Lescure, respecté patron de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, pourraient être sur la ligne de départ. 

Proche de l'Élysée, Jean-Baptiste Moreau serait prêt à retirer sa candidature "si quelqu'un d'autre est mieux placé pour battre Gilles Le Gendre", rapporte un pilier du groupe auprès de BFMTV.com. "Il ne veut qu'une chose, c'est dégager Le Gendre", répète-t-il. Ambiance. 

"L'idée qui prédomine, c'est d'avoir tout sauf un Parisien. On joue les territoires, ça colle avec le narratif de l'Acte II du quinquennat. Et les gens sont dégoûtés par la campagne pour l'investiture à Paris, pour les municipales. Ça a un vrai effet négatif sur l'image du groupe."

Rejoindre le perchoir

Cette course à l'adoubement par la commission nationale d'investiture (CNI) de LaREM dans la capitale -à laquelle participent donc quatre députés du groupe- a d'autres conséquences. Elle rend vulnérable, par exemple, l'un des détenteurs des deux sièges de vice-président du palais Bourbon dévolus à la majorité, Hugues Renson. Candidat à la mairie de Paris, l'ancien chiraquien est perçu avec méfiance par plusieurs collègues, dont certains se verraient bien le remplacer. 

Parmi les noms qui circulent, il y a ceux de Sacha Houlié (Vienne), Olivia Grégoire (Paris), Cendra Motin (Isère) et Olivier Damaisin (Lot-et-Garonne). Outre le fait qu'elle permet de remplacer régulièrement le président de l'Assemblée nationale au perchoir lors des débats, la vice-présidence est un poste confortable. Il donne notamment accès à certains leviers de commande du palais Bourbon, notamment la fameuse Conférence des Présidents, où l'on émet son avis sur l'ordre du jour de travail parlementaire.

"Équipe de combat"

Beaucoup reprochent à Hugues Renson "d'en faire des caisses" sur sa candidature aux municipales.

"Il s'est décrédibilisé. D'autant que le timing est mauvais pour lui: on modifie le règlement du groupe LaREM le 2 juillet et le renouvellement des postes a lieu fin juillet. Entre les deux, la CNI aura choisi le candidat pour Paris. Si Renson perd, ça le dévitalise d'autant plus pour garder le siège. Et en plus il donne le sentiment de ne pas vouloir rendre les armes en cas de défaite", regrette un député, par ailleurs soutien de Benjamin Griveaux pour ladite investiture.

Sa collègue Carole Bureau-Bonnard, l'autre vice-présidente LaREM, n'est pas davantage en sécurité, certains pointant du doigt son "manque de charisme".

"Pour l'Acte II, il nous faut une équipe de conquête. D'ici deux ans on va avoir du lourd, entre les élections municipales, départementales, régionales... Certains vont y perdre des plumes. Il faudra être solide", prévient-on au sein du groupe.

Jules Pecnard