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Obono: "Il faut que les pays européens prennent leurs responsabilités" envers les migrants

La députée France insoumise de la 17e circonscription a enjoint ce lundi à ce que les pays européens "prennent leurs responsabilités" pour accueillir les migrants, notamment en suspendant les accords de Dublin.

"La Méditerranée est aujourd'hui un cimetière marin. Il y a déjà eu plus de 35 000 personnes qui sont mortes depuis les années 2000. Il faut que l'ensemble des pays européens prennent leurs responsabilités", a enjoint ce lundi la députée France insoumise Danièle Obono

Invitée de Bourdin Direct, l'élue de la 17e circonscription de Paris a rappelé "le rôle premier" de la France en Europe.

"Il faut que nous prenions nos responsabilités et accomplissions notre devoir d'humanité pour secourir des personnes qui sont clairement en danger", a-t-elle estimé. 

Dimanche, le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini a refusé que l'Aquarius, navire de l'ONG Sos-Méditerranée avec 629 migrants à son bord - dont 123 mineurs isolés, 11 enfants en bas âge et sept femmes enceintes -, accoste sur ses côtes.

L'Italie aurait voulu que l'embarcation se dirige vers Malte, qui a refusé de la recevoir. Le chef du gouvernement italien a précisé que deux patrouilleurs avec des médecins à bord avaient été envoyés près de l'Aquarius "prêts à intervenir et à protéger la santé de toute personne se trouvant à bord". 

"Suspendons les accords de Dublin"

Pour Danièle Obono, une première piste serait de suspendre les accords de Dublin. Ce cadre juridique veut qu'un migrant dépose une demande d'asile dans un seul pays, et que s'il est arrêté dans un autre pays signataire du règlement, il soit renvoyé là où il a fait sa première demande (où ont été prélevées ses empreintes digitales). 

"Tout le monde fait le constat, tous les pays européens, toutes les associations disent que ça ne marche pas", a affirmé ce lundi Danièle Obono sur notre antenne. "Donc suspendons les accords de Dublin, faisons valoir la clause discrétionnaire de l'article 17", a-t-elle avancé. 

"Comme une bonne partie des personnes qui se réfugient en Europe passent d'abord par l'Italie et la Grèce, ce sont ces deux pays là vers lesquels sont renvoyés une bonne partie des migrants", a souligné la députée. 

"Quelle Europe construit-on?"

Elle a néanmoins rappelé que tous les pays ne renvoient pas les personnes répondant du règlement Dublin. 

"De fait, il y a une partie des gens aujourd'hui, par exemple à Paris, qui sont des 'dublinés' mais qui ne seront pas renvoyés parce qu'on me peut pas, y compris économiquement, matériellement, renvoyer tous les gens qui sont là'", a-t-elle déclaré. 

"On suspend les accords de Dublin, on met en place une véritable solidarité européenne", a suggéré Danièle Obono, arguant que "jusqu'à présent, nous n'assumons pas ce que nous avions dit que nous ferions, c'est à dire répartir les réfugiés". 

"Quelle Europe construit-on? C'est ça la question", a conclu l'élue France insoumise. Depuis le 1er janvier 2018, les Nations unies estiment à 784 le nombre de personnes mortes en Méditerranée. En 2017, plus de 3 000 migrants sont morts ou ont disparu en la traversant. 

Liv Audigane