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« Mur des cons » : Taubira a saisi le Conseil supérieur de la magistrature

La garde des Sceaux, Christiane Taubira

La garde des Sceaux, Christiane Taubira - -

Après la polémique sur le « mur des cons » dans le local d'un syndicat de magistrats, la ministre de la Justice, Taubira a annoncé ce jeudi avoir saisi le Conseil supérieur de la magistrature.

La garde des Sceaux Christiane Taubira a annoncé jeudi au Sénat avoir saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) dans l'affaire du "mur des cons" du Syndicat de la magistrature (SM). Le CSM, instance de nomination et de sanction des magistrats, devra apprécier s'il y a eu "manquement à la déontologie" de la part du SM, qui avait exposé dans son local syndical des dizaines de photos de personnalités du monde politique, médiatique et judiciaire.

«Insupportable, stupide et malsain»

Pour la garde des Sceaux, le syndicat "a pris des risques (...), à en juger les menaces de récusation (de magistrats)" dans des procédures en cours. "C'est un acte insupportable, stupide et malsain", a-t-elle répondu au sénateur UMP Antoine Lefèvre, qui lui reprochait d'avoir minimisé l'initiative du SM, syndicat de magistrats classé à gauche. La ministre de la Justice condamne ainsi dans des termes plus forts le trombinoscope du SM, qu'elle avait qualifié mercredi d'"action malheureuse" et "inadmissible" devant l'Assemblée nationale. "Ce qui est important, c'est que notre magistrature retrouve sa noblesse et que nous puissions la débarrasser du soupçon qui pèse sur son impartialité", a-t-elle justifié au Sénat.

Rires, stupeur ou indignation

La découverte de ce mur de photos de personnalités politiques, surtout de droite, mais aussi d'intellectuels et de journalistes, au sein du SM, a provoqué depuis mercredi des salves de réactions, entre rires, stupeur ou indignation. La classe politique de droite a condamné "une liste noire" et "une remise en cause de l'impartialité de la justice", selon les termes du député UMP Luc Chatel. Sur ce trombinoscope fait maison, se superposaient des personnalités comme Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux ou David Pujadas, parfois affublés de légendes insultantes. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, y figurait aussi.

J.V. avec AFP