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Mort de Rémi Fraisse: pour Cazeneuve, "Bové accuse sans savoir"

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. - BFMTV

Bernard Cazeneuve a incité à la "responsabilité" et à la "retenue" en attendant que "toute la lumière soit faîte" sur les circonstances de la mort de Rémi Fraisse, militant écologiste et opposant au barrage de Sivens. 

"Si je ne me suis pas exprimé, c'est qu'il y a une enquête en cours", a expliqué Bernard Cazeneuve, mardi matin, à propos de la mort dans la nuit de samedi à dimanche d'un jeune opposant, Rémi Fraisse, au projet de barrage contesté de Sivens, dans le Tarn.

"Il faut que les juges puissent enquêter pour savoir, il faut attendre que les enquêtes aient abouti avant que d'accuser. Des analyses sont en cours, il faut les laisser se déployer", a-t-il ajouté. 

Revenant sur les propos tenus par José Bové ce matin sur BFMTV/RMC, qui pointait "la responsabilité du ministre de l'Intérieur de cette situation", Bernard Cazeneuve a jugé 'indignes" ces affirmations.

"Une instrumentalisation politique d'un drame"

"Les propos de José Bové qui accuse sans savoir avant même les enquêtes judiciaires n'aient été à leur terme, alors même qu'il sait qu'il y a eu ces violences constatées dans le centre d'un certain nombre de villes, sont des propos indignes qui relèvent de l'instrumentalisation politique d'un drame", a-t-il encore réagi.

"Il appartient à chacun qui porte une parole publique d'être responsable, d'être dans la retenue. On ne peut pas procéder à des accusations avant que la justice n'ait été au bout de ses enquêtes", a-t-il insisté.

"56 gendarmes et policiers blessés"

Le ministre de l'Intérieur a rappelé que si "la mort d'un jeune garçon de 21 ans était un drame", il ne fallait pour autant pas occulter le contexte de tensions actuel. Ainsi, souligne le ministre, "depuis le début du mois de septembre, 56 gendarmes et policiers ont été blessés".

Le ministre de l'Intérieur a rappelé que quelque 81 procédures étaient en cours. Il a dénoncé l'usage par certains agresseurs de cocktails Molotov. Il s'est aussi insurgé contre "des violences inacceptables à Albi et à Nantes", après des manifestations qui ont tourné à l'affrontement lundi soir.

D. N.