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Jean-Louis Borloo: Sans réponse du gouvernement, "l'UDI votera la motion de censure"

Le président de l'Union des démocrates et indépendants Jean-Louis Borloo invité de BFMTV/RMC mardi 19 mars 2013

Le président de l'Union des démocrates et indépendants Jean-Louis Borloo invité de BFMTV/RMC mardi 19 mars 2013 - -

Le président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI) attend toujours la réponse de Jean-Marc Ayrault après sa lettre ouverte publiée lundi dans laquelle il interpelle le gouvernement avant l'examen de la motion de censure à l'Assemblée, mercredi.

Dans le bras de fer qui attend le gouvernement mercredi -date à laquelle sera examinée la motion de censure déposée par l'UMP contre la politique économique du gouvernement- Jean-Louis Borloo entend bien faire entendre sa voix. Et pourquoi peser dans la balance, dans un sens comme dans l'autre. Car contrairement aux députés FN, qui ont déjà annoncé qu'ils voteraient cette motion, le vote de l'UDI n'est pas encore tranché. Mais reste soumis à condition, comme l'a expliqué son président mardi sur BFMTV.

"J'ai écrit à Jean-Marc Ayrault hier (lundi) en lui demandant de revenir sur trois erreurs majeures: la taxe sur les heures supplémentaires, qui sont une aide à la souplesse et à la compétitivité, la hausse de la TVA sur le logement social et sur les services à la personne. Je demande que la TVA sur ces secteurs revienne à 5%", a-t-il martelé sur BFMTV.

L'UDI votera la motion de censure si...

Lundi, le président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI) a écrit au Premier ministre lui posant "quatre conditions" afin de déterminer le vote des centristes sur la motion de censure. Une lettre ouverte dans laquelle Jean-Louis Borloo demandait également au gouvernement "un engagement ferme, solennel et sur l'honneur de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires d'ici à 2017".

"Jean-Marc Ayrault ne m'a pas encore répondu", a dévoilé Jean-Louis Borloo. Et si le Premier ministre ne répondait pas avant mercredi, le président de l'UDI menace de voter la censure. "Mais je suis sûr que nous aurons une réponse d'ici à demain", a-t-il conclu.

Au Mali, "la France fait le job"

Interrogé sur l'intervention française au Mali, Jean-Louis Borloo a réaffirmé son soutien à l'action de François Hollande. "Sur l'ensemble des décisions prises depuis deux mois, en terme politique et militaire, le président a fait ce qu'il devait faire, a concédé Jean-Louis Borloo. La France fait le job. Le seul regret est l'absence de leadership de la France en Europe."

Sur la Syrie, Jean-Louis Borloo est plus circonspect sur les armes que la France se propose de vendre aux rebelles. "J'espère que quand ils (Jean-Yves Le Drian et François Hollande, ndlr) disent ça, ils savent bien à qui ils donneraient des armes, prévient-il. L'opposition syrienne est une constellation de forces diverses et complexes. J'espère qu'on est pas en train d'armer des groupes qui pourraient être demain extrêmement dangereux pour la région."

Une Europe à deux vitesses

Enfin, Jean-Louis Borloo est revenu sur le plan de sauvetage sous condition imposé par l'Europe à Chypre. "Ce qui se passe avec Chypre est stupéfiant", a dénoncé Jean-Louis Borloo. "Je suis un européen convaincu et j'ai le sentiment que cette Europe est en train d'échapper à ses créateurs. Elle n'est plus sur les grands projets politiques et qu'on est simplement dans une règle de concurrence tatillonne, parfois au sein même de l'Europe", a-t-il déploré.

Et de faire part de ses inquiétudes quant à une possible rupture "entre une Europe du Nord et une Europe du Sud".

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