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Michel Rocard: ses mesures les plus marquantes

Michel Rocard quitte Matigon en 1991

Michel Rocard quitte Matigon en 1991 - AFP

Michel Rocard est mort ce samedi 2 juillet. S'il a incarné la "deuxième gauche", il a aussi été chef du gouvernement pendant trois ans. Le temps de mettre en place des mesures marquantes, comme le RMI, la CSG, ou les accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie.

A Matignon entre 1988 et 1991, dans une sorte de cohabitation avec François Mitterrand, avec qui il ne s'entendait pas du tout, Michel Rocard laisse un important héritage politique. Mort ce samedi 2 juillet, le socialiste père de la "deuxième gauche" est à l'origine de réformes marquantes.

> Les accords de Matignon

C'est sa première grande mesure. Un mois après être arrivé à Matignon, il signe un accord mettant un terme à plusieurs années d'affrontements en Nouvelle-Calédonie. “Les accords de Matignon sont un des plus beaux souvenirs de ma vie politique”, dira-t-il plus tard. Ces signatures mettent fin à une véritable guerre civile et permettent à ce territoire de retrouver la prospérité. Sur ce sujet, il impose un référendum, qu'il remporte.

> Le RMI

"Le RMI a sauvé 2 millions de personnes", jugeait Michel Rocard. En 1988, plus de 20% des chômeurs ne bénéficient plus de droit à l'indemnisation. Le socialiste fait alors adopter le revenu minimum d'insertion, remplacé depuis par le revenu de solidarité active. Après des mois de débats, il obtient la majorité par huit voix. Dès février 1989, plus de 500.000 foyers bénéficient de cette mesure.

Son discours sur le RMI :

> La CSG

La CSG est une des plus importantes réformes dans le financement de la Sécurité sociale. Michel Rocard invente cet impôt prélevé à la source et qui concerne tous les revenus, qu'ils viennent du travail ou du patrimoine. Une imposition qui, en vingt ans, a augmenté jusqu'à représenter le double du produit de l'impôt sur le revenu.

> La loi dite "Coluche"

C'est également sous le gouvernement de Michel Rocard qu'est adapté le code des impôts afin de créer une déduction fiscale, appelée loi "Coluche". Elle fait référence aux restos du Coeur car permet une déduction sur les dons à certaines associations, caritatives et humanitaires.

> La loi Gayssot

Adoptée en 1990, la loi Gayssot punit les actes racistes, antisémites ou xénophobes. L'article 9 de la loi sanctionne également le négationnisme, défini comme contestation de l'existence des crimes contre l'humanité, tels que définis dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg. Ses détracteurs jugent qu'elle est une atteinte à la liberté d'expression. 

> La décentralisation 

Bien avant d'arriver à Matignon, en 1981, Michel Rocard écrit: "La région, une idée neuve pour la gauche". Nommé ministre du Plan en 1981, après l'élection à l'Elysée de François Mitterrand, il met en place les contrats Etat-régions qui permettent de financer ces collectivités territoriales. Sa volonté de pousser davantage la décentralisation fut l'un des conflits avec le chef de l'Etat, à la vision plus jacobine. 

> Le premier gouvernement d'ouverture

Ce n'est pas vraiment une mesure, mais un fait politique marquant. En 1988, à l'heure de composer un gouvernement, Michel Rocard fait entrer des centristes. Tout un bouleversement pour la gauche de l'époque. Les barristes Michel Durafour, Jean-Pierre Soisson ou Lionel Stoléru, de l'UDF, entrent dans le gouvernement aux côtés des socialistes et MRG. 

Ivan Valerio