BFMTV

Manuel Valls: "Nous ne pouvons pas continuer avec ces fractures à gauche"

Manuel Valls, jeudi matin sur BFMTV et sur RMC.

Manuel Valls, jeudi matin sur BFMTV et sur RMC. - BFMTV

Le Premier ministre Manuel Valls était jeudi matin l'invité d'Apolline de Malherbe en direct sur BFMTV et sur RMC.

Invité jeudi matin sur BFMTV et sur RMC, Manuel Valls a d'abord voulu exprimer sa "solidarité à l'égard du gouvernement et du parlement canadien", après l'attaque qui a visé mercredi son Parlement. "Il y a un risque terroriste auquel le Canada est exposé, tout comme la France (...). Le risque zéro n'existe pas. Nous avons déjoué depuis 2012 des attentats".

"Il y a plus de 1.000 Français qui sont concernés par le Jihad en Syrie, et qui représentent un véritable danger. Nous avons fait voter une loi antiterroriste il y a deux ans, une autre est en cours d'examen. Il faut poursuivre cette lutte contre le terrorisme partout dans le monde", répète le Premier ministre.

#Le leitmotiv: "Garder la tête froide"

Manuel Valls mérite-t-il la Grand-croix de l'Ordre national du mérite, reçue mercredi des mains du président François Hollande? "C'est une tradition", répond Manuel Valls, qui affirme vouloir "garder la tête froide, parce qu'au bout de 6 mois, on ne peut pas tirer de conclusions et de bilan, mais nous avons engagé le pays dans un mouvement de réformes sans précédent". 

Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, anciens ministres PS qui se sont abstenus de voter le Budget 2015 à l'Assemblée, ont-ils encore leur place dans la majorité? "Ce n'est pas à moi d'en décider" répond Manuel Valls, "mais dans ce moment difficile pour la France, face au risque terroriste, il faut faire preuve d'une très grande responsabilité, de sang-froid, c'est mon cas. Chacun doit se poser une seule question: méritons-nous de gouverner?"

#Le rappel: "Je suis socialiste"

Sur BFMTV et sur RMC, Manuel Valls défend la politique économique de son gouvernement. "Faut-il augmenter les déficits? Non, c'est ce que l'on fait depuis 40 ans. Nous devons réduire la dépense publique, ça n'a jamais été fait, c'est ce que nous faisons".

"Une politique économique, fiscale, nécessite de la stabilité. Or, ce que j'entends, c'est que la confiance revient en France. Il ne faut pas mettre en cause en permanence la politique économique, parce que pour qu'elle donne des résultats, il faut de la constance. A chacun d'être responsable".

Manuel Valls est-il socialiste? "Je le suis depuis 30 ans. Je suis socialiste, je suis membre du Parti socialiste depuis 1980, depuis mes 18 ans. Ce sont des débats, des étiquettes qui n'intéressent personne".

"Nous ne pouvons pas continuer ainsi avec ces fractures au sein de la gauche" estime Manuel Valls. "ll y a au sein des forces progressistes moins de différences qu'il n'y en avait il y a quelques années". Manuel Valls n'exclut pas de changer le nom du Parti socialiste. En finir avec la "gauche passéiste", pour le Premier ministre, c'est en finir avec la gauche "qui ne veut pas regarder la réalité en face".

#L'annonce: les chiffres du chômage ne seront pas bons

Manuel Valls pourrait-il gouverner avec le centre? "Moi ça ne me poserait pas de problème. Ce n'est pas un problème de parti, c'est la question de se rassembler autour des valeurs de la République, autour du soutien à l'entreprise, de la réduction des déficits, des valeurs de l'égalité".

Sur le front de la lutte pour l'emploi, "personne n'est au chômage par plaisir", déclare Manuel Valls dans un souci d'apaisement, et convaincu qu'"on n'a pas tout essayé" contre le chômage. A ce titre, le contrat de travail unique est "une idée intéressante", estime le Premier ministre. Les chiffres du chômage, publiés demain vendredi, seront-ils mauvais? "Je n'ai pas ces chiffres, mais quand on a une croissance aussi faible, il ne faut pas s'attendre à de bonnes nouvelles, évidemment".

Alexandre Le Mer