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Les sénateurs débattent d'un retour au septennat présidentiel

François Hollande lors de sa visite d'Etat en Australie lundi 17 novembre, ici à Sidney

François Hollande lors de sa visite d'Etat en Australie lundi 17 novembre, ici à Sidney - Daniel Munoz - AFP

Les sénateurs débattent ce mardi de la question d'un retour du mandat présidentiel au septennat, non-renouvelable, pour le chef de l'Etat. L'objectif? Le replacer au-dessus de la mêlée.

Faut-il réinstaurer le septennat pour le président de la République? C’est la proposition de loi constitutionnelle discutée à partir de ce mardi au Sénat et défendue par les Radicaux de gauche. Le sénateur PRG du Cantal Jacques Mézard, chef de file du RDSE au palais du Luxembourg, défend également l’idée d’un mandat non-renouvelable pour le chef de l’Etat. 

"En période de crise notamment, le Président pourrait mettre en place plus tranquillement la feuille de route pour laquelle il s’est engagé auprès de ses électeurs", argumente, dans les colonnes du Journal du Dimanche au début du mois, Jacques Mézard, dont le parti est habitué aux propositions de lois constitutionnelles. 

Sarkozy "l'hyperprésident", Hollande doit-il se représenter à mi-mandat?

Pour rappel, Jacques Chirac fut le premier à occuper le quinquennat présidentiel, entre 2002 et 2007, après le référendum d’octobre 2000 qui avait pour ambition d’accorder mandats présidentiels et législatifs. Nous étions alors en période de cohabitation Chirac-Jospin mais ce cas de figure, évoqué également pour légitimer la réforme à l’époque, ne séduit plus les Radicaux.

"Cinq ans, c’est très court. Or, la principale préoccupation du Président une fois qu’il est élu, c’est de penser à sa réélection", expliquait aussi le sénateur Jacques Mézard.

"Un mandat de sept ans mettrait le Président de la République à un niveau plus arbitral, moins lié directement à la politique du quotidien", a estimé de son côté le président du Sénat Gérard Larcher sur France Inter. Et l'élu UMP de prendre l'exemple de sa famille politique: "Nous le voyons bien, nous sommes déjà, en tous les cas pour ma formation politique, dans la primaire", soit "à peine trois ans utiles pour l'exercice des responsabilités".

Ce fut le cas de "l’hyperprésident" Nicolas Sarkozy et c’est aujourd’hui la situation de François Hollande, très critiqué, qui a dû, à mi-mandat, répondre à plusieurs reprises à des questions sur sa future candidature en... 2017.

37 députés proposent la même action

Les parlementaires du PRG entendent ainsi rendre "son statut particulier" au président de la République. Et force est de constater que le débat existe réellement chez les élus.

Le 4 novembre dernier, 37 députés de droite, d'extrême-droite et du centre avaient signé un texte équivalent. Parmi eux, se trouvaient notamment Gilbert Collard (élu FN), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Yannick Favennec (UDI) ou Lionel Tardy (UMP). D’autres comme le candidat à la primaire UMP, Xavier Bertrand ou l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin défendaient également le projet sans avoir signé le texte.

"L'application d'un mandat présidentiel septennal non-renouvelable de manière consécutive, , écrivaient-ils pour promouvoir leur action, permettrait au chef de l'Etat de se détacher de ce qui provoque actuellement l'atrophie de nos institutions".

Samuel Auffray