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Régionales: comment Nadine Morano a cultivé le flou jusqu'au bout

Nadine Morano ne s'est finalement pas excusée, ce mercredi, pour ses propos sur la "race blanche".

Nadine Morano ne s'est finalement pas excusée, ce mercredi, pour ses propos sur la "race blanche". - Patrick Hertzog - AFP

Nadine Morano avait jusqu'à 18h30, ce mercredi, pour présenter une lettre de "regrets" à Nicolas Sarkozy après ses propos polémiques sur la France, pays de "race blanche". Une action qui aurait pu lui permettre de conserver son investiture Les Républicains en Meurthe-et-Moselle, pour les régionales de décembre prochain. Sauf qu'il n'en a rien été, et que l'eurodéputée a entretenu le flou jusqu'au bout. Récit.

Le suspense aura finalement duré jusqu'au bout. A la fin d'une séquence longue de 10 jours, Nadine Morano a décidé de ne pas s'excuser après ses propos polémiques sur la "race blanche". Quitte à perdre son investiture comme tête de liste Les Républicains pour le département de Meurthe-et-Moselle, dans la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, ce mercredi soir, au profit de Valérie Debord.

Jusqu'à la dernière minute

Dans les faits, l'ancienne ministre avait jusqu'à 18h30 pour envoyer une lettre de "regrets" à Nicolas Sarkozy, l'actuel président de son parti, ce qui aurait pu lui permettre de conserver son investiture et de sauver un tant soit peu les meubles. A ce titre, l'eurodéputée semble s'être amusée à cultiver un certain flou quant à ses intentions... jusqu'à la dernière minute. Quitte à faire perdre le sang froid de certains cadres du parti.

Ainsi, a notamment noté Le Lab, presque tout et n'importe quoi a été dit avant l'annoncé officielle du parti. Peu avant 17 heures, un journaliste du Figaro assurait sur twitter que "Nadine Morano a écrit sa lettre d'excuses, elle va être rendue publique dans quelques minutes", citant un membre de la Commission nationale d'investiture (CNI).

Mais quelle lettre, au fait?

Oui, mais en fait non. La lettre qui est finalement parvenue sur le bureau de Nicolas Sarkozy était en fait signée de Philippe Richert. Une missive dans laquelle l'actuel président du conseil régional d'Alsace menaçait officiellement de faire démissionner ses têtes de listes départementales si Nadine Morano restait investie en Meurthe-et-Moselle.

A ce moment très précis, le doute subsiste encore. L'ancienne ministre aurait finalement bel et bien écrit une lettre, mais pas pour présenter des "regrets"... plutôt pour demander pourquoi Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, "pouvait traiter les climatosceptiques de "connards" sans être sanctionnée. Un courrier qui sera, lui non plus, jamais reçu.

Le couperet tombe finalement à 18 heures. Non, Nadine Morano n'a pas écrit la moindre lettre et ne présente aucune excuse. C'est Nicolas Sarkozy lui-même qui l'annonce, et qui fait alors savoir qu'il ne proposera pas la candidature de son ancienne ministre au cours de la CNI. L'investiture aux élections régionales de l'eurodéputée s'est envolée au profit de Valérie Debord, ce qui sera confirmé officiellement quelques minutes plus tard.

S'il n'y a pas eu de lettre, l'ancienne ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie évoquera pendant la CNI que Nadine Morano aurait finalement envoyé un e-mail à Nicolas Sarkozy, sans toutefois en évoquer le contenu. Une information fermement démentie par l'ancien chef de l'Etat.

Trois personnalités se sont abstenues

"La CNI a pris acte avec regret du refus de Nadine Morano de revenir sur ses propos comme il le lui avait été demandé à plusieurs reprises", expliquera en suite le principal parti d'opposition, à la suite du vote de la CNI.

Un scrutin au cours duquel seules trois personnalités -sur les quelque vingt-cinq présentes- se sont abstenues: l'ex-ministre Michèle Alliot-Marie, l'ex-président de l'UMP Jean-François Copé, et le député Michel Terrot. Tous les autres ayant voté pour. Une décision "toute logique", s'est appliqué à justifier Sébastien Huygue, porte-parole Les Républicains, mercredi soir sur BFMTV.

"Nadine Morano n’a pas voulu revenir sur ses propos. (...) Elle a utilisé des termes qui ne correspondent pas à notre vision de ce pays. Elle ne pouvait donc pas nous représenter lors des élections de décembre prochain", a-t-il déclaré, évoquant "une affaire qui n'a que trop duré".

Si cette séquence s'est clos mercredi soir, une autre pourrait prochainement s'ouvrir: Nadine Morano a prévenu qu'elle se porterait candidate lors de la primaire à droite en 2016 en vue de la présidentielle, l'année suivante. A cette fin, elle a d'ailleurs lancé un appel aux dons pour soutenir sa candidature et "défendre une vraie idée de la France".. 
Jé. M.