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Propos anti-musulmans: cité à comparaître, Goasguen se défend

Le député UMP Claude Goasguen a été cité à comparaître pour diffamation après ses propos envers les musulmans.

Le député UMP Claude Goasguen a été cité à comparaître pour diffamation après ses propos envers les musulmans. - -

Le député et candidat dans le XVIe arrondissement de Paris avait parlé des "musulmans drogués dans les mosquées", lors d'une soirée de gala en faveur d'Israël.

Si l'engagement de Claude Goasguen en faveur d'Israël est connu, le parallèle effectué a de quoi laisser songeur. Lors de la soirée de gala du KKL (fonds pour la création d'Israël), le 2 février dernier, le député UMP et tête de liste dans le XVIe arrondissement lors des prochaines élections municipales a dénoncé le supposé antisémitisme des jeunes musulmans.

Lors d'un discours enflammé, Claude Goasguen évoquait notamment "cette Shoah terrible qu'on ose plus enseigner dans les lycées tant on a peur de la réaction des jeunes musulmans qui ont été drogués dans les mosquées".

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a donc cité à comparaître, pour diffamation, l'élu parisien devant le tribunal correctionnel de Nîmes. L'audience a été fixée au 7 avril à 14h00, selon la citation à comparaître.

Des "propos stigmatisants"

"Ces propos ont été largement diffusés par voie télévisée et par le site internet du KKL, lequel les a ensuite effacés", a précisé Abdallah Zekri, président de l'observatoire National contre l'Islamophobie au CFCM.

Pour l'avocate du CFCM, Me Khadija Aoudia, les "propos stigmatisants" de Claude Goasguen portent "nécessairement atteinte à l'honneur et à la dignité de la communauté musulmane" alors, dit-elle, que celle-ci s'est "toujours mobilisée pour dénoncer les actes antisémites", et que "durant la seconde guerre mondiale les musulmans étaient sur le front, en première ligne, pour combattre le nazisme".

En revanche, "la médiatisation des atteintes portées à la dignité des Français musulmans s'est imposée en débat sur la scène nationale, alimentant ainsi l'islamophobie et créant un fort sentiment de rejet", estime l'avocate.

"Intoxiqués", pas "drogués"

Contacté par l'AFP, Claude Goasguen a affirmé que les propos incriminés avaient été tenus "dans une réunion privée" et qu'on leur avait donné une "interprétation complètement illégitime". "Je voulais dire intoxiqués", a-t-il fait valoir.

"Les propos qui me sont attribués hors de leur contexte [...] visaient la dérive islamiste qui dénature le monde musulman. J'ai en effet toujours dénoncé l'intégrisme religieux, qu'il soit juif, chrétien ou musulman. Mes propos ne visaient en aucune manière l'ensemble de la communauté musulmane française", a précisé le député de Paris.

Y. D .avec AFP