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Présidence LR: la difficile course aux parrainages des aspirants candidats

Florence Portelli et Daniel Fasquelle, tous deux candidats à la présidence LR, le 2 septembre lors des journées d'été du parti LR.

Florence Portelli et Daniel Fasquelle, tous deux candidats à la présidence LR, le 2 septembre lors des journées d'été du parti LR. - Loïc Venance - AFP

Si Laurent Wauquiez devrait valider sa candidature sans problème, il n'en sera pas de même pour les cinq autres candidats à la présidence de Les Républicains. Certains dénoncent un "manque d'équité" et des contraintes trop lourdes.

Le compte à rebours est lancé: dans deux jours, les candidats Les Républicains à la présidence du parti doivent déposer officiellement leurs candidatures. Mais pour ce faire, ils ont pour obligation de présenter 2347 parrainages d'adhérents, et 13 de parlementaires: une mission loin d'être simple pour les six prétendants.

Ce lundi, Laurence Sailliet, proche de Xavier Bertrand, a annoncé qu'elle ne serait pas candidate en raison de son trop petit nombre de parrainages d'adhérents obtenu. "J'ai obtenu le parrainage de 14 parlementaires et de près de 1800 adhérents. Compte tenu de la proximité de l'échéance, cela ne me permettra pas, en toute clairvoyance, d'être qualifiée", explique-t-elle à L'Opinion.

Laurence Sailliet est la première à abandonner, et il est possible qu'elle ne soit pas seule à baisser les bras. Si Laurent Wauquiez devrait passer l'épreuve de la candidature sans aucun problème, les autres candidats n'ont pas les mêmes facilités. La semaine dernière, Maël de Calan, proche d'Alain Juppé, mais aussi Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais, ont fait part de leurs difficultés.

Des règles compliquées pour des "petits" candidats

Si les signatures de parlementaires ne semblent pas poser de problème, c'est du côté des parrainages d'adhérents que les choses se corsent. La règle est contraignante: les parrainages doivent être répartis sur au moins 15 fédérations départementales différentes, et le nombre de parrainages ne peut pas dépasser les 234 par département. Par ailleurs, la course aux parrainages se déroule sur un délai d'un mois. Des critères serrés, qui compliquent la tâche de candidats parfois en manque de notoriété. 

Interrogé par Le Monde, Julien Aubert réclame l'abandon de l'un des deux types de parrainage – soit les parlementaires, soit les adhérents "mais pas les deux en même temps". Daniel Fasquelle, lui, a tiré la sonnette d'alarme le 27 septembre dernier. "Un mois pour récupérer 2350 parrainages dans quinze départements, c'est extrêmement compliqué", déplore le député du Pas-de-Calais au micro de Sud Radio. Pas question pour autant de modifier le règlement, fait savoir la direction du parti, qui assure néanmoins "faire une grosse campagne" auprès des adhérents.

La crainte d'une élection à un seul candidat

Tous craignent qu'à l'arrivée, Laurent Wauquiez soit le seul candidat. Gêné, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a déclaré lui-même que le parti avait "besoin qu'il y ait plusieurs candidats". Une élection sans adversaire aurait en effet moins de poids qu'une élection qui le verrait affronter un ou plusieurs candidats. "J'ai beaucoup d'estime pour Daniel Fasquelle. Il doit obtenir des parrainages", a-t-il lancé le dimanche 30 septembre, à l'occasion de la Fête de la violette.

Un soutien peu goûté par les autres candidats. "Coucou Laurent, et moi je peux être candidat s'il te plaît", a tweeté Julien Aubert, qui accuse régulièrement le vice-président LR de lui "piquer" des parrainages. "Laurent Wauquiez veut choisir ses adversaires", a rétorqué Maël de Calan. Sur Radio Classique vendredi, il a dénoncé également une "absence d'équité entre tous les candidats. D'un côté Laurent Wauquiez qui manifestement peut s'adresser à tous les adhérents et a les moyens de le faire, les moyens techniques, et d'autres candidats à qui on ne les a pas donnés". Vendredi, il manquait au jeune candidat encore 500 parrainages pour pouvoir se présenter.

A deux jours de la date limite, le sarkozyste Daniel Fasquelle retient son souffle mais "pense" y arriver: "J'ai dépassé les 2000 parrainages d'adhérents", confie-t-il à BFMTV.com. "Objectif: dépasser les 2500 d'ici mercredi pour avoir une marge de sécurité." L'horizon s'éclaircit également pour Florence Portelli, maire de Taverny, dans le Val-d'Oise, et ancienne porte-parole de François Fillon, qui se dit "à peu près sûre" d'y arriver – tout en invitant les parlementaires à continuer de distribuer les parrainages. Une fois les signatures récoltées, la Haute autorité du parti, dirigée par Anne Levade, devra les vérifier et les valider. Le scrutin aura lieu les 10 et 17 décembre prochains.

Ariane Kujawski