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"La crise et après?":  ce qu'il faut retenir du grand débat sur BFMTV

Ce mercredi soir sur BFMTV, les six chefs des principales formations politiques ont débattu des mesures à prendre pour sortir de la crise des gilets jaunes qui sévit en France ces derniers mois. Que faut-il en retenir?

Ce mercredi soir lors du débat "La crise, et après" organisé sur BFMTV, les chefs des principales formations politiques ont débattu pendant deux heures et demi des questions soulevées par la colère sociale et politique qui anime les gilets jaunes depuis plus de quatre mois maintenant. 

Quelles mesures pour la justice fiscale?

Face à la crise des gilets jaunes qui sévit en France depuis novembre dernier, chacun des chefs de partis a énoncé ses mesures pour davantage de justice fiscale

François Bayrou a demandé davantage de lutte contre l'optimisation fiscale. "Les Français veulent s'assurer que nul n'échappe à l'impôt", a-t-il déclaré, soulignant l'interrogation des Français sur le sujet. Olivier Faure a fait part de sa volonté de mettre en place un ISF "vert", tandis que Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, a appelé à faire le lien entre justice sociale et écologie.

Stanislas Guérini, lui, a affirmé qu'il fallait continuer à baisser les impôts des Français". Une mesure partagée par Laurent Wauquiez, pour qui la solution pour plus de justice fiscale consiste à baisser drastiquement les impôts. Marine Le Pen, quant à elle, a plaidé pour la baisse des impôts pour les trois premières tranches et le dégrèvement de la CSG. 

Le chômage au coeur des discussions

Les chefs des formations politiques ont également abordé l'épineuse question du chômage qui inquiète tant les Français. Le président du Modem François Bayrou a estimé qu'il fallait mettre en place un plan de reconversion pour les personnes au chômage

"Les allocations chômage font qu'un certain nombre de gens restent à l'écart de l'emploi", car selon lui "de nombreux emplois ne sont pas occupés puisque "certains préfèrent travailler comme intérimaire, s’arrêter pour recharger leur droit et revenir après". 

  • Laurent Wauquiez a dit vouloir tester la mise en place d'heures de travail en échange du RSA, jugeant que sa région Auvergne-Rhône-Alpes avait un "taux de baisse du chômage plus rapide qu’ailleurs". "Dans ma région, ce n’est pas l’argent qu’on dépense qui compte c’est si on ramène les gens vers l’emploi. Si vous voulez c’est qu’on finance des formations qui ne débouchent sur rien, de stages parkings, je vous le confirme ça ne m’intéresse pas", a-t-il déclaré.

Contre les violences, Mélenchon s'adresse aux jeunes

"Pas ça les jeunes!": le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a conjuré ce mercredi les manifestants de ne pas s'engager "dans une escalade de l'affrontement" et privilégier "la voie politique du débat" pour sortir de la crise des "gilets jaunes".

S'adressant au délégué général de LaREM Stanislas Guerini, Jean-Luc Mélenchon a déclamé: "Je ne suis pas en train de passer l'éponge (sur les violences de samedi sur les Champs-Elysées)! Parce qu'à vous ça ne coûtera rien, moi ça va me coûter de devoir convaincre des jeunes gens que la bonne voie, c'est la voie politique, du débat et du dialogue, parce que certains me disent maintenant 'C'est quand on casse tout qu'ils nous écoutent et qu'ils nous donnent 10 milliards d'euros'".

Échange musclé entre Bayrou et Mélenchon sur l'envoi de militaires Sentinelle samedi prochain

François Bayrou a défendu le redéploiement de militaires de Sentinelle autour de bâtiments publics lors des manifestations des gilets jaunes. Une mesure décidée par le gouvernement et qui sera appliquée dès samedi. "On est en train de présenter comme une idée scandaleusement révolutionnaire ce qui est déjà en place dans toutes les gares, tous les aéroports", a-t-il soutenu.

"Un symbole épouvantable" pour le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. "Dresser l’armée face au peuple… Quel symbole épouvantable! Vous voulez augmenter la colère des Français? Il faut retrouver le dialogue. Faites une grande conférence sociale dans ce pays."

  • En face, Jean-Luc Mélenchon s'est montré véhément, soutenu par Marine Le Pen: "Je ne vous reconnais plus François Bayrou! Vous êtes pour que les militaires soient pour le maintien de l’ordre? C'est un autre métier." Il a fait valoir que si les militaires se trouvaient dans les gares c'était pour faire face à la menace terroriste, pas pour faire face "à des mécontents". "Il faut apaiser", a-t-il insisté. 

La présidente du Rassemblement national a regretté qu'"on ne parle plus que des casseurs, du montant de la casse". Marine Le Pen a cependant estimé qu'on ne mettait "pas l'armée contre le peuple français". Laurent Wauquiez, chef des Républicains, a lui demandé "l'interdiction pure et simple de manifester dans une ville". "Nous n'avons jamais eu dans le pays une telle période de chaos", a-t-il encore déploré en référence aux violences qui ont émaillé le dernier samedi des gilets jaunes à Paris

Jeanne Bulant