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J-1 avant l'implosion chez les socialistes ?

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A quelques heures du verdict sur l'élection de son premier secrétaire, le PS est plus que jamais en crise. Prise de température dans les camps Aubry et Royal.

[Retour au dossier spécial PS]

La commission de récolement du PS doit reprendre ses travaux aujourd'hui à 14h. Elle remettra ensuite son rapport sur le déroulement de l'élection du premier secrétaire, au conseil national. Conseil national qui se réunira lui à 18h pour trancher définitivement sur le conflit Aubry-Royal et nommera la nouvelle patronne du PS.
Mais la commission mécontente certains. Dès hier soir, alors que la commission de récolement sortait de 6 heures de travail, sans solution de sortie de crise, les partisans de Ségolène Royal ont haussé le ton. Et ils menacent aujourd'hui de manifester devant le siège du PS rue de Solferino. Ils doutent de la commission de récolement, de son sérieux et de sa capacité à faire toute la lumière sur d'éventuelles fraudes en aussi peu de temps.

Côté Royal, des doutes sur la commission de récolement

François Rebsamen, le bras droit de Ségolène Royal a demandé à la commission de reprendre la liste des votants dans certaines sections de Lille, la ville de Martine Aubry, et de Guadeloupe, et de vérifier ensuite qu'il n'y a pas eu de triche. « Il ne faudrait pas, dit-il, que la commission de récolement se transforme en commission alibi. »
Najat Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal était ce matin en direct sur RMC. Elle a tenté de justifier cette hausse de ton et cette menace de saisir la justice : « Il me semble qu'il s'agit tout de même de l'avenir du Parti socialiste. Donc on aurait pu imaginer que cette commission passe la nuit à travailler. Nous, on veut bien lui faire confiance, à condition qu'elle-même y mette les moyens et qu'elle fasse en sorte de nous présenter des résultats fiables et incontestables au conseil national. »

Un vote quasi incontestable pour les membres de la commission

Les griefs du camp Royal portent en effet sur des irrégularités dans une quarantaine de fédérations. Des allégations qui restent contestées. Et d'abord par Daniel Vaillant qui présidait hier la commission de récolement. Puis, par Bruno Le Roux, secrétaire national aux élections et membre de la commission de récolement. Hier dans la soirée, il a défendu le travail de cette dernière et a présenté ses premières conclusions : « Je constate que dans la grande majorité des fédérations, pour ne pas dire la quasi-totalité des fédérations, le vote s'est passé de façon incontestable. » Il en a profité pour « féliciter les sections qui ont fait - malgré l'image que l'on cherche à en donner depuis quelques jours, un travail sérieux, remarquable de militants politiques. ».

Un risque d'explosion

Dans le camp de Martine Aubry, on répète que les amis de Ségolène Royal parlent de fraude, mais n'ont pas le début d'une preuve. D'ailleurs hier, Jean-Pierre Mignard, avocat et ami de Ségolène Royal a lui-même reconnu que la commission de récolement est « la première de nos juridictions ».
Un premier pas vers la trêve ? On en est loin, pour Pierre Moscovici, qui, amer, dresse le portrait de son parti, enferré selon lui dans une crise sans issue indolore : « on a d'un côté la tentation de Martine Aubry de dire "voilà, je suis devant, et donc je prends le parti". Avec un risque quand même : ce parti se trouve derrière explosé. Et de l'autre côté, des stratégies de harcèlement judiciaire que je trouve absolument scandaleuses. Si entre camarades, on commence à se traîner devant les tribunaux ou même à vouloir faire des manifestations - comme j'ai entendu dire qu'on le ferait, on marche sur la tête ! Et donc, dans les deux cas de figure, on a un risque majeur d'un parti qui à la fin explose. Peut-être même d'un parti qui présente deux candidatures à l'élection présidentielle. Et je me dis qu'à un moment donné, la raison va revenir. »

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Juliette VINCENT, Stéphanie COLLIE et Annabel ROGER