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Intempéries: les élus sur le pont... et en campagne

REACTIONS – Le bilan des intempéries sur la Côte d'Azur est lourd: 16 morts et 4 disparus. Ce dimanche, la classe politique s'est mobilisée pour apporter son soutien aux sinistrés. Très vite, la campagne des élections régionales de décembre a repris ses droits.

L'Etat de catastrophe naturelle dans le sud-est de la France va être prononcé dès mercredi en Conseil des ministres. Dans la matinée, le président François Hollande est arrivé sur les lieux des inondations meurtrières avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, pour constater l'ampleur des dégâts.

Seize personnes ont perdu la vie, cinq autres sont toujours portées disparues. "Le bilan est de seize morts, et il n'est que 15 heures", a déclaré François Hollande sur BFMTV, en direct depuis la commune de Mandelieu-la-Napoule, ravagée par la violence des flots.

L'exécutif mobilisé

> "Malgré ce drame, la nation est forte", dit Hollande

"Il y a une très grande mobilisation", s'est félicité sur BFMTV le président de la République. "Des élus d'abord, qui ont fait face toute la nuit, des services d'incendie et de secours, des gendarmes, des policiers, nationaux et municipaux. Et puis des bénévoles: des hommes, des femmes qui viennent donner leur temps, parfois au risque de leur propre vie. Ca, c'est une belle image, qu'il faut garder. Malgré ce drame, la nation est forte, elle est capable de se mobiliser, de se mettre en mouvement".

Le président de la République, accompagné du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a tenu à sensibiliser la population aux mesures de sécurité à respecter en cas d'intempéries d'une telle ampleur.

"Il faut dire à la population que lorsqu'il se passe des événements de cette intensité, il faut rester chez soi, ne pas prendre son véhicule. Car ici, ce sont des victimes dans les véhicules que nous avons identifiées. Des personnes qui voulaient retrouver leur véhicule pour les sauver. Il faut d'abord penser çà sauver sa propre vie".

> Valls: "Ce drame éprouve la France"

En déplacement au Japon, le Premier ministre Manuel Valls a pris soin d'exprimer sa "solidarité", dans un discours à l'ambassade de France à Tokyo. "Je veux dire au nom du gouvernement français notre solidarité à l'égard des familles des victimes", a déclaré Manuel Valls. "Ce drame éprouve la France et nécessite, c'est le cas bien sûr, la pleine mobilisation de tous les services de l'Etat, des collectivités et des élus" et "il faut faire preuve de solidarité et de courage", a-t-il ajouté.

> Sapin: "le fonds d'indemnisation des catastrophes naturelles sera mobilisé"

"Le fonds d'indemnisation des catastrophes naturelles sera évidemment mobilisé", a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin, invité du "Grand rendez-vous" d'Europe1/Le Monde/iTELE. "Il existe en France un système de solidarité, ça s'appelle le fonds d'indemnisation des catastrophes naturelles, il sera évidemment, dans des conditions qu'il convient de préciser, mobilisé pour faire face à cette catastrophe".

Les élus locaux sur le pont… et en campagne

> Castaner: "je suspends ma campagne"

Christophe Castaner, député-maire de Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, et tête de liste socialiste pour les régionales en PACA, a choisi de rejoindre le président Hollande sur place. "Je suspends ma campagne", a-t-il tweeté.

> L'initiative de Castaner contrarie Estrosi

L'initiative de Christophe Castaner n'a pas vraiment plu à son rival de droite, Christian Estrosi, tête de liste Les Républicains dans la région. "C'est sans doute parce qu'il a interrompu sa campagne que Monsieur Castaner a décidé de venir en voisin, pour la première fois, dans une visite officielle dans les Alpes-Maritimes. Département dans lequel il n'exerce aucun mandat...", a dit au Scan Politique l'entourage du député-maire de Nice.

Un peu plus tôt, Christian Estrosi, avait proposé son aide aux communes touchées par la catastrophe, dans Nice-Matin, "l'occasion de voir à quel niveau la Ville de Nice peut apporter son aide".

> Ciotti: "l'alerte météo aurait dû être rouge"

Eric Ciotti, président LR du département des Alpes-Maritimes, s'est déplacé aux côtés de François Hollande, qui était suivi de son armada de caméras de télévisions. "C'est une situation d'apocalypse", avait déploré Eric Ciotti un peu plus tôt, dans les colonnes de La Provence. "Le bilan est catastrophique sur le plan humain. Je n'ai jamais vu cela". "Je me pose la question d'une alerte météo orange alors qu'elle aurait dû être rouge", a-t-il ajouté.

L'opposition exprime sa "solidarité"

> Sarkozy: hommage "aux pompiers, policiers, gendarmes"

Nicolas Sarkozy, le président du parti Les Républicains, a exprimé sur Twitter sa "très vive émotion devant le très lourd tribut payé par les Alpes-Maritimes cette nuit et ses trop nombreuses victimes" et a rendu "hommage aux pompiers, policiers, gendarmes".

> Juppé: "On voit ces phénomènes extrêmes se multiplier"

"Je pense que cet événement, dans son ampleur, n'était pas prévisible", a estimé Alain Juppé, ex-Premier ministre et maire de Bordeaux, dans "Le grand jury" RTL LCI Le Figaro. "Est-ce qu'il y a un lien entre tout cela et les dérèglements climatiques qui sont en cours? On ne peut pas le prouver mais la question se pose puisqu'on voit ces phénomènes extrêmes se multiplier. L'urbanisation (...) nous sommes là devant des demandes contradictoires et puis, il ne faut pas construire n'importe comment. Aujourd'hui on prend énormément de précautions, sans doute dans le passé a-t-on été peut-être insuffisamment prévoyants".

> Bayrou: "Secourir, soutenir, réfléchir"

"La solidarité est indispensable et c'est le rôle du président de la République ou de toutes les autorités d'aller apporter le soutien nécessaire aux victimes, à ceux qui sont leurs proches, et aux élus locaux qui sur le terrain font évidemment un travail énorme", a déclaré François Bayrou, président du MoDem, sur France 3."Les trois objectifs sont simples: secourir, soutenir, réfléchir, voir si un urbanisme différent (...) ne pourrait pas éviter que ne se reproduisent des drames comme cela".

C. P.