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Mantes-la-Jolie: Castaner reconnaît "des images dures" mais met lui aussi l'accent sur le "contexte"

Christophe Castaner lors d'une conférence de presse au ministère de l'Intérieur, le 7 décembre 2018 à Paris.

Christophe Castaner lors d'une conférence de presse au ministère de l'Intérieur, le 7 décembre 2018 à Paris. - Christophe Archambault - AFP

Le ministre de l'Intérieur a fait état de 151 interpellations à Mantes-la-Jolie jeudi. Les images de jeunes gens à genoux, certains les mains sur la tête, surveillés par les policiers ont fait vivement réagir.

Des images "dures (...) qu'il est important de replacer dans un contexte". Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a réagi ce vendredi aux images polémiques d'une interpellation massive qui s'est déroulée la veille à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Sur plusieurs vidéos, on peut voir des jeunes gens agenouillés, pour certains les mains sur la tête, entourés de forces de l'ordre.

Ces images ont provoqué de vives réactions chez les témoins, les internautes et parmi la classe politique. "Les mômes sont parqués, à genoux, avec des parents qui sont là sur le parking à qui on ne répond même pas, des parents qui sont là uniquement pour savoir si leurs mômes font partie de ces mômes interpellés", a déploré au micro de BFMTV une femme sur place.

"Il y a le commentaire et il y a aussi l'exploitation"

"Les images des interpellations des jeunes gens arrêtés sur cette commune sont dures, vous avez raison de le souligner", a lancé Christophe Castaner ce vendredi aux journalistes. Avant d'estimer qu'il était "important de les replacer dans un contexte". "Il y a la vérité, il y a le commentaire et il y a aussi l'exploitation par certains", a-t-il asséné, suivant la ligne des différentes interventions des membres du gouvernement ce vendredi.

Le ministre a rapporté "la ferme intention d'en découdre avec les forces de l'ordre" d'une "centaine d'individus encagoulés" qui ont rejoint le blocage du lycée Saint-Exupéry ces derniers jours, à l'origine mis en place par des lycéens. "Environ 200 jeunes vraiment chauds ont foncé sur les forces de l’ordre en leur jetant des pierres", a témoigné un habitant au Monde.

"Il y avait beaucoup de personnes, c'était énorme. Il y avait vraiment tout, on a vu des voitures brûlées, des poubelles brûlées, des poteaux enlevés, ça a dégénéré dans toute la ville", a aussi relaté Hichem, un jeune homme interrogé par BFMTV.

Deux voitures incendiées et des bonbonnes de gaz 

Deux voitures ont été incendiées, ont constaté des journalistes sur place, ainsi que plusieurs poubelles. Le ministre de l'Intérieur a également fait état de "bouteilles de gaz (...) jetées robinets ouverts sur des barricades enflammées". Contrairement aux policiers qui faisaient état de 15 de leurs membres face à quelque 120 personnes, le chef de la place Beauvau a recensé 12 policiers, pour 151 interpellations dans la journée.

"Ces actes irresponsables, dangereux, inacceptables ont été commis par des jeunes gens qui ne sont pas forcément des adolescents et des lycéens", a souligné Christophe Castaner.

"C'est malheureusement ensuite les lycéens qui se font plus prendre puisque les autres sont des professionnels de la violence", avait déploré un peu plus tôt le ministre de l'Education sur France Inter. Le Monde fait état de jeunes interpellés âgés de 12 et 20 ans.

Des "suites possibles à la diffusion des images"

Christophe Castaner a déclaré vouloir avoir "une photographie de la totalité des faits" et pouvoir apporter des réponses sur la base d'une instruction "menée notamment au niveau de la Justice".

"Nous devons être exemplaires", a-t-il rappelé. Il a aussi évoqué les suites possibles "à la diffusion des images et la raison pour laquelle elles ont été diffusées".

Au total, 151 personnes ont été interpellées et 145 gardes à vue renouvelées selon le ministère de l'Intérieur, avec 83 policiers ont été finalement mobilisés pour l'opération. L'AFP faisait précédemment état de 146 arrestations.

Liv Audigane