BFMTV

À la convention citoyenne, Hulot dit vouloir accorder "le bénéfice du doute" à Macron sur l'écologie

L'ancien ministre de la Transition écologique s'est rendu dans l'hémicycle du Conseil économique, social et environnemental, en tant qu'invité "exceptionnel" de cette troisième salve de réunions de travail, face à 150 citoyens tirés au sort.

D'après lui, avoir été nommé ministre d'État n'a servi "à rien". "Il aurait fallu un vice-Premier ministre" en charge de la Transition écologique, estime aujourd'hui Nicolas Hulot. Convié ce vendredi au titre d'invité "exceptionnel" de la convention citoyenne sur le climat, l'ancien animateur de télévision a évoqué ses difficultés lorsqu'il était au gouvernement, qu'il dit avoir quitté "avec beaucoup de tristesse". 

Dans l'hémicycle du Conseil économique, social et environnemental (Cese), face à 150 citoyens tirés au sort pour des séances de travail et de réflexion autour du climat, Nicolas Hulot a pointé du doigt ceux qui lui ont reproché de s'être "radicalisé". "Non, c'est la situation qui est radicale", s'alarme-t-il. 

"Ça ne vous choque pas que certains ne fassent aucune proposition sur l'écologie? Qu'ils se pincent le nez?", a-t-il demandé à son auditoire, reprochant à d'autres de "sous-traiter" ces questions.

"Il faut changer d'état d'esprit. Il faut faire les choses en grand", prévient-il, ne masquant pas une certaine déception vis-à-vis de la politique environnementale du gouvernement. Il en veut par ailleurs à ceux qui l'ont accusé ne pas s'accommoder "de petits pas". 

Macron "rattrapé par l'immédiateté"

L'ancien ministre est également revenu sur sa relation complexe avec Emmanuel Macron. "J'ai eu une discussion d'homme à homme avec le président de la République avant d'entrer au gouvernement, en lui disant que mon capital sympathie ne suffirait pas. Il m'a assuré qu'il me donnerait les moyens et je pense qu'il était sincère", jure-t-il. 

S'il assure ne nourrir aucune "animosité" à l'égard du chef de l'État, il estime que ce dernier a été "rattrapé par l'immédiateté". Et de revenir, plus généralement, sur le rapport qu'entretiennent d'après lui les équipes dirigeantes de l'exécutif avec la question environnementale: 

"Le mode de gouvernance doit être changé. (...) Je ne suis pas en train de dire qu'ils mentent. Mais ils n'ont pas le même sens de l'urgence des sujets."

Accès de "colère" à Matignon

Dans un accès de "colère" à Matignon, Nicolas Hulot raconte avoir demandé, à l'époque, ce qu'il avait "le droit de décider seul". "Personne ne m'a répondu", regrette-t-il aujourd'hui. 

"Cette convention, c'est un signe que l'exécutif veut changer les choses", veut-il croire néanmoins. "Le président de la République a dit qu'il avait compris des choses. Accordons-lui le bénéfice du doute."

Interrogé par plusieurs médias, dont BFMTV, au sortir de cette troisième séance de travail de la convention citoyenne, l'ex-ministre s'est à nouveau montré plus clément vis-à-vis d'Emmanuel Macron que de son entourage:

"Je ne lui fais pas de procès d’intention, on change tous. Mon départ l’a probablement surpris et, j’espère, l’a surpris pour avancer dans sa conversion et sa réflexion."

Jules Pecnard avec Mathieu Coache