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Gérard Collomb: "Il est possible qu'on revienne un jour à l'état d'urgence"  

Gérard Collomb était notre invité ce mercredi. Face à Ruth Elkrief, il a abordé la nouvelle loi antiterroriste et a évoqué la levée l'état d'urgence et son bilan.

La nouvelle loi antiterroriste est entrée en vigueur ce mercredi, remplaçant un état d'urgence qui aura accompagné la France pendant 719 jours, prolongé par six fois. Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui recevait notre journaliste Ruth Elkrief place Beauvau ce même jour, a cependant noté: "En cas d’un meurtre de masse comme au Bataclan, il est possible qu’on revienne à l’état d’urgence mais nous allons faire en sorte que nous puissions gérer des situations de crise. Si la situation devenait extrêmement dramatique, nous pourrions revenir à cet état d'urgence mais cette nouvelle loi nous permettra de prévenir un certain nombre d’attentats."

32 attentats déjoués depuis la mise en place de l'état d'urgence

Il a fait le bilan chiffré de l'état d'urgence: "On a déjoué 32 attentats depuis l’état d’urgence car on avait des moyens d’agir et grâce aux services de renseignements. Nos services ne pouvaient agir de manière préventive sans l’état d’urgence. C’est vrai qu’au début nous étions dans un état de sidération, d’où des perquisitions massives." Le ministre a assuré que onze lieux de culte avaient été fermés et que vingt personnes demeuraient assignés à résidence à ce jour. 

Mais assis, aux côtés de la journaliste dans le "fumoir" du ministère, la salle qui a servi de quartier général à l'un de ses prédécesseurs, Bernard Cazeneuve, durant les attentats du 13-novembre, Gérard Collomb a réaffirmé la nécessité de la levée de l'état d'urgence: "On ne pouvait y rester toujours. Il fallait en sortir mais je ne voulais pas en sortir sans une loi qui protège les Français. Elle introduit des éléments pour protéger des Français." Evoquant le contenu de la loi, il a assuré: "On a essayé d’être dans l’équilibre, entre les libertés à préserver et la sécurité." Il a d'ailleurs réagi aux propos de l'opposition: "Si certains pensent qu’on n’est pas assez sécuritaires, d’autres qu’on va trop loin, c’est que notre texte est équilibré."

Un renforcement des postes dans le renseignement 

Il a dit que ces nouvelles dispositions se doublaient de mesure d'accroissement des effectifs dans les renseignements, déclarant que 4.400 personnes travaillaient désormais pour la DGSI, soit un renforcement de 30% depuis les premiers attentats. 

Robin Verner