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Soupçons de fraude au Parlement européen: le FN accuse Martin Schulz d'être "aux ordres" de Valls

Marion Maréchal-Le Pen lors des séances de questions au gouvernement, en novembre 2014.

Marion Maréchal-Le Pen lors des séances de questions au gouvernement, en novembre 2014. - Eric Feferberg - AFP

Les cadres du Front national accusent Martin Schulz, qui souhaite une enquête sur d'éventuelles irrégularités du parti au Parlement européen, d'"appliquer" les ordres de Manuel Valls.

Soupçonné de fraude au Parlement européen via des assistants parlementaires, le Front national réplique. Après les tweets assassins de Marine Le Pen lundi, Marion Maréchal-Le Pen, députée FN du Vaucluse, a repris l'argumentaire mardi matin. Avec pour cible principale Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui a saisi l'Office européen de lutte antifraude de l'Union européenne.

Le FN dénonce des "calomnies"

"Monsieur Schulz est un militant politique. Lors des européennes, il avait fait un certain nombre de meetings contre le Front national", a souligné Marion Maréchal-Le Pen sur France Info. "Il a appliqué à la lettre les ordres de monsieur Valls qui, hier, expliquait qu'il fallait que les élites se mobilisent contre le Front national".

"C'est de l'acharnement politique évidemment, en pleine période électorale", selon l'élue du Vaucluse, dont le parti arrive en tête des sondages sur les départementales des 22 et 29 mars. Et de pointer du doigt la presse qui "s'est emparée avec beaucoup de gourmandise de cela. L'enquête n'a même pas encore commencé. Pas grave, on connaît le procédé: calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose!"

Florian Philippot fustige lui aussi, dans une interview à L'Opinion, "l'eurolâtre", "l'eurogaga" qu'est selon lui Martin Schulz, "le copain socialiste allemand" de Manuel Valls. Et relève que l'affaire éclate "à huit jours des élections, au lendemain d'un discours hystérique du Premier ministre contre le Front national".

Une plainte contre Martin Schulz

"Evidemment que nous nions" les accusations, ajoute le vice-président du FN, qui annonce qu'"une plainte sera déposée" contre le président du Parlement européen. Pour lui, le fait que certains assistants européens apparaissent dans l'organigramme politique du FN n'a rien de choquant: "pour beaucoup d'entre eux, ce sont des militants, ils ont le droit."

"Je ne vois pas en quoi cela est incompatible", renchérit Marion Maréchal-Le Pen. Le fait d'être assistant d'un parlementaire européen et "en même temps conseiller de Marine Le Pen sur des questions très techniques, je ne vois absolument pas en quoi cela est incompatible", a poursuivi la députée qui qualifie de "grotesque" le montant évoqué de 7,5 millions d'euros de préjudice. "On jette la suspicion", "on revient aux vieilles méthodes", poursuit Marion Maréchal-Le Pen. Pour elle, "on a absolument rien à se reprocher, si tant est que l'enquête ait lieu".

A. K. avec AFP