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Pourquoi et comment le FN drague les enseignants

Marine Le Pen a choisi de débuter sa série de "conventions présidentielles" en abordant la question de l’éducation et de l’enseignement supérieur.

Sa véritable campagne présidentielle ne commencera que mi-février, faute d'ici la fin des primaires d'adversaires connus de gauche ou des Républicains. D'ici là, la présidente du Front national Marine Le Pen, qui a dévoilé dimanche son slogan en vue de 2017, "Au nom du peuple", a l'intention de se mettre en scène en train de phosphorer.

L'éducation, 1er thème de ses "conventions présidentielles"

En cette actuelle période de "pré-campagne", selon le calendrier qu'elle s'est fixé devant la presse lors de ses "Estivales" à Fréjus le week-end dernier, huit conventions thématiques sont prévues. L'idée? Mobiliser ses troupes et d'éventuels compagnons de route par l'intermédiaire de ses collectifs, comités d'action programmatique et autres cercles qui visent à fournir des notes pour le programme.

La première se tient ce jeudi à Paris, sur l'éducation. La dirigeante frontiste devrait détailler ses positions pour l'école. Parmi les personnalités attendues, l'enseignant et essayiste sur les questions d'éducation Jean-Paul Brighelli. "Redresser l’école et l’enseignement supérieur", promet l'affiche qui promeut le rendez-vous, estampillée "Conventions présidentielles Marine 2017", et où n'apparaît d'ailleurs pas le logo du FN.

Un frémissement au sein de cet électorat

De quoi se donner une image de parti studieux. Et adresser un signal aux enseignants, électorat traditionnellement acquis à la gauche mais qui s'est détourné de François Hollande pendant le quinquennat. En juillet 2015, un sondage OpinionWay pour Le Figaro évaluait à 21% la part de professeurs prêts à déposer un bulletin dans l'urne en faveur du président socialiste sortant, soit une chute de 23 points pour le chef de l'Etat par rapport à 2012. 

Et alors que les sondages donnent Marine Le Pen battue au second tour de la présidentielle en 2017 avec une très large marge quel que soit le candidat de droite face à elle, le parti d'extrême droite compte bien élargir son électorat. Les élections régionales de décembre 2015 avaient montré la progression du vote FN chez les fonctionnaires, parmi lesquels un sur quatre (24,6%) avait choisi les listes de Marine Le Pen.

Et si c'est surtout chez les militaires et les policiers que ce vote a explosé, il s'est aussi produit un frémissement du côté des enseignants : 9,8% chez les professeurs des écoles et 9,2% chez les enseignants du second degré ont voté FN, quand les scores étaient respectivement de 6 et 5% à la présidentielle de 2012.

Les enseignants courtisés par le parti d'extrême droite

Le FN n'en est d'ailleurs pas à sa première tentative pour séduire cet électorat. A l'époque de Le Pen père, le chèque éducation avait déjà été imaginé pour offrir aux enseignants la possibilité de financer librement l'école de son choix.

En septembre 2011, Marine Le Pen, ayant repris les rênes du parti, leur avait pour sa part adressé un mea culpa. "Longtemps, nous avons commis l'erreur de penser que vous étiez complices ou passifs face à la destruction de l'école", avait-elle regretté lors d'un colloque. Deux ans plus tard, en 2013, était lancé le collectif Racine. Une émanation du Rassemblement Bleu Marine, se définissant comme "un groupe d'enseignants amoureux de l'école et déplorant son déclin" et soutien au Front national.

V.R.