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Législatives: l'UMP dénonce une entente PS-FN dans le Vaucluse

Marion Maréchal-Le Pen a été élue députée en juin 2012.

Marion Maréchal-Le Pen a été élue députée en juin 2012. - -

"L'Express" affirme qu'un accord local a été passé entre le FN et le PS pour les législatives de juin 2012. Les deux partis ont démenti. L'UMP demande des comptes.

"Un échange de bons procédés" ou "une saga des plus improbables"? L'élection de Marion Maréchal-Le Pen comme députée de la troisième circonscription du Vaucluse, en juin 2012, est au coeur d'une polémique ce mercredi.

A l'origine: un article de L'Express qui affirme que "des socialistes ont directement contribué à l'élection" de la petite-fille de Jean-Marie Le Pen.

La candidate socialiste, Catherine Arkilovitch, arrivée troisième au premier tour, se serait maintenue, contre l'avis de Solférino, "contre le maintien de la candidate FN dans la circonscription voisine, où le socialiste Jean-François Lovisolo avait besoin de la présence du FN au second tour pour l'emporter face à l'UMP". La candidate FN s'était finalement retirée, soutenant le candidat UMP qui l'avait finalement emporté.

Et L'Express de détailler les échanges de coups de fil, les contacts entre responsables locaux et la démission du suppléant de la candidate PS qui affirme avoir été victime de pressions. Au final, Marion Maréchal-Le Pen a été élue avec 42,09% des voix, contre 35,8% au candidat UMP Jean-Michel Ferrand et 22,08% à Catherine Arkilovitch.

Démentis du PS et du FN, l'UMP demande des comptes

"Rien de tangible n'accrédite l'idée d'une entente avec le Front national, qui serait inacceptable. Les dirigeants de la fédération du Vaucluse démentent formellement cette idée", a réagi la direction du PS ce mercredi.

"Je constate que l'approche des municipales et la montée du Front National alimentent les sagas les plus improbables", a de son côté déploré Marion Maréchal-Le Pen, dans un communiqué, invoquant "un règlement de comptes entre socialistes".

Pourtant, le premier secrétaire par intérim de la fédération PS du Vaucluse de l'époque, Patrice Lorello, confirme la thèse d'une entente. Certains socialistes "ont voulu l'élimination (du candidat UMP), même s'ils devaient faire élire la candidate du FN", dit-il, évoquant des "pressions" et des "menaces" du FN sur le candidat socialiste de la 5e circonscription. Des menaces "qui ont été prises en compte", ajoute-t-il.

De son côté, l'UMP a vivement réagi, demandant au PS "une clarification sur ses petits arrangements entre copains avec le Front national". Jean-François Copé a, lui, dénoncé "une alliance objective entre le Parti socialiste et le Front national". Sébastien Huyghe, délégué général, a demandé à Harlem Désir de "passer plus de temps à balayer devant la porte du PS plutôt que de jeter des anathèmes sur l'UMP". Dans un communiqué, Valérie Debord, déléguée générale adjointe, a estimé qu'il devenait "plus que nécessaire que le PS, toujours prompt à donner des leçons de morale, s'explique sur son arrière cuisine".

Enfin, L'Express évoque un rapport "très à charge" rédigé sur le sujet par Marc Mancel, membre du Conseil national du PS qui s'est rendu en mars dans le Vaucluse. Un document qui devrait être présenté à Harlem Désir, premier secrétaire, en fin de semaine. Ce qu'a également démenti le PS.


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V.D. avec AFP